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Dossier Bertrand Belin
« Faire advenir l’espéré »

janvier 2019 | Le Matricule des Anges n°199 | par Thierry Guichard

Écrits avec beaucoup de respect pour la littérature, les trois romans de Bertrand Belin esquissent une œuvre à l’éthique droite et entière qui n’exclut pas le mystère. Et donne ce sentiment de voir peu à peu un monde s’ouvrir.

D’un premier album (aux accents de Vian et Gainsbourg) à Persona qui sort fin janvier, l’écriture des textes des chansons de Bertrand Belin a pris un chemin qui va vers une forme de plus en plus épurée. De Madeleine (in Bertrand Belin) et sa « maison basse aux parfums d’hiver/ brûlante soupe, fumantes tasses » à Sur le cul (in Persona), « Il y avait un homme/ ce matin/ sur le cul », la langue semble s’être abouchée à un prosaïsme moderne pour dire ce que l’on voit dès lors qu’on sort de chez soi.
Cette évolution, on ne la constate pas dans l’écriture des romans que P.O.L publie depuis 2015 et le très impressionnant Requin. Chacun des livres, Requin donc, Littoral et aujourd’hui Grands Carnivores semble bâti sur une langue différente des deux autres. Avec, cependant, une même exigence portée au style et à sa puissance d’évocation. La langue, nourrie à toute l’histoire littéraire, est à la fois le lieu et l’objet de la fiction : matière malléable, susceptible, au détour d’une métaphore, d’une expression, de faire surgir un sens neuf, une vision, une expérience. Bertrand Belin parle parfois comme ses livres : les mots collent à la pensée avec une souplesse qui impressionne. D’autant qu’ils sont prononcés avec une forme de douceur, comme une politesse de chaque instant adressée à l’interlocuteur. Avec peut-être cette croyance ancienne que les mots sont sacrés.

Bertrand Belin, votre troisième roman, Grands Carnivores surgit un peu comme un ovni dans le paysage romanesque français. Comment est-il né ? Quel en était le projet initial ?
D‘abord il y a eu une demande du photographe Olivier Jacquet, qui a confié à des artistes, écrivains, confrères et amis, une photographie que chacun devait légender. Ces clichés étaient pour le moins énigmatiques. Sur celui qui m’est revenu, une demeure cossue, au premier plan le buste d’une jeune femme brune au visage très pâle et très calme. Comme après avoir pleuré. J’ai appelé cette jeune femme Lucia et l’ai enfermée dans cette maison de maître avec un père capitaine d’industrie, souvent absent, et une mère morte de mélancolie. C’est ce père qui est devenu le « vieux fondateur » par la suite. Un jour aussi, en passant devant un chapiteau de cirque installé au cœur de Rennes, j’ai imaginé que les fauves s’échappaient et pensé immédiatement à écrire un « poème de culpabilité » du responsable de leur fuite. C’était une occasion de visiter les ressources lexicales, syntaxiques et rythmiques que peuvent offrir les mécanismes de ressassement qu’occasionne une situation de responsabilité dans la survenue d’un événement grave. Comment la culpabilité réorganise les capacités réflexives et vient établir un ordre logique alternatif qui confère aux faits, aux choses, à l’exactitude des paramètres horaires, météo, géographiques etc., un statut nouveau. Sorte de retrouvailles non désirées avec le réel. Lorsque le bénin, l’ordinaire prend des galons pour devenir capital. L’inflation du monde du détail....

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