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Domaine étranger Le Grand Burundun-Burunda est mort

janvier 2019 | Le Matricule des Anges n°199 | par Guillaume Contré

Le Grand Burundun-Burunda est mort

La tradition latino-américaine n’est pas avare, à considérer l’histoire du continent, en littérature centrée sur la figure de l’éternel caudillo ; le « roman de dictateur » y est presque une tradition en soi (dont l’un des sommets pourrait être Moi, le suprême du Paraguayen Augusto Roa Bastos). Dans ce contexte, Le Grand Burundun-Burunda est mort, long poème narratif aussi lyrique et baroque qu’ironique et cruel du Colombien Jorge Zalamea (1905-1969), écrit en 1951 durant l’exil argentin de l’auteur, est une pièce de choix. La réalité des multiples régimes sanglants et despotiques – ubuesques, certainement – ne se prête que trop bien à l’excès et à la caricature. Quand la réalité imite la fiction jusqu’à la ridiculiser, il ne reste qu’à pousser encore le bouchon pour mieux la décrire. Zalamea nous conte ainsi avec luxe de détails, dans une langue virtuose et pleine de chausse-trappes, la pompeuse cérémonie funèbre du dictateur de service, le grand Burundun-Burunda donc (« il faut bien prononcer son nom, finalement, et que les Cieux et les Siècles le répètent comme l’écho d’un long rot ! »), dont la dépouille mortelle est précédée du défilé des sbires qui lui auront permis d’affirmer son pouvoir despotique (police, armée, église, les trois mamelles de l’iniquité). Le dictateur, malgré des « désavantages notoires » (il était laid et court sur pattes), a su « faire carrière » ; « il était extrêmement astucieux et au lieu de le nommer inspecteur des égouts, ils en firent un Caton ». Ce « sublime gobeur de choses immatérielles », qui « transformait en graisse les réputations qu’il démolissait », décide à coups de slogans (« dans les bouches cousues, il n’entre pas de mouches ») d’interdire la parole pour rendre plus dociles ses ouailles. Celles-ci devenues des « êtres au consentement préalable », il est alors plus facile d’asseoir un pouvoir sans partage sur le confortable coussin du silence imposé. On rit, bien sûr, à lire Zalamea, mais comme toujours dans ce genre de cas, nos mâchoires grincent.

Guillaume Contré

Le Grand Burundun-burunda est mort, de Jorge Zalamea
Traduit de l’espagnol (Colombie) par Véronique Yersin
préface de Patrick Deville
Éditions Macula, 130 pages, 14

Le Matricule des Anges n°199 , janvier 2019.
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