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Domaine français Rompre le charme

septembre 2020 | Le Matricule des Anges n°216 | par Chloé Brendlé

Avec Histoires de la nuit, Laurent Mauvignier nous incruste dans le cauchemar d’une fête d’anniversaire. Conteur de la solitude et des consciences mauvaises, il décompose et recompose nos petites appartenances.

Histoires de la nuit

On l’avait laissé en 2016 au Kirghizistan, en compagnie d’une femme à demi mourante, rescapée d’une longue chevauchée avec son fils. On le retrouve en territoire franchouillard, « un bled pourri du centre de la France, au milieu de rien, de champs suintant le pesticide et le cancer, l’ennui, la désertification et le ressentiment », La Bassée, arrière-pays fictif connu des lecteurs de Mauvignier et de ses romans plus anciens (de Loin d’eux à Des hommes), rase campagne ici quasi réduite à un hameau, dit « l’écart des Trois Filles Seules » – une étable et trois maisons, dont une inoccupée. Si l’auteur de Continuer (2016) revient aux sources, c’est avec simplicité et fracas.
La simplicité d’abord, à l’os : « comme la famille ours du conte : un papa - une maman - un enfant ». Famille ours à laquelle il convient d’adjoindre la voisine, bourrue, et son chien, chien.
Fracas ensuite, tout de suite : dès les premières pages nous sommes à la gendarmerie. Fracas progressif : chaque tour d’écrou narratif va déplacer ces quatre personnages, faire exploser leurs bulles respectives, celle d’une artiste retirée à la chevelure fauve Varda, celles des Bergogne, Patrice le père qui préfère aux hommes les animaux (et dont le nom malaxe toute la vergogne et la grogne et la besogne), la mère, Marion qui rentre tard et chante « Résiste », la plus si petite Ida qui observe mais ne verbalise pas encore tout. Fracas en chaîne au moment de préparer la fête surprise pour Marion.
Il aura fallu pas moins de six cents pages à Laurent Mauvignier pour organiser ce ravage, mettre en présence les forces opposées d’un western intime, faire monter la tension à un point rarement atteint dans ses précédents romans. Le romancier distribue l’espace, nous habitue aux pièces où tout va se déployer, fabrique des phrases à tiroirs multiples ; il fait circuler le regard – qui regarde qui, et d’où et comment, c’est le noyau du livre – d’un personnage à l’autre comme pour faire la somme impossible des perceptions et fragmenter l’action. L’une peint, l’autre est en réunion, le troisième va chercher un cadeau, quelqu’un débarque, puis un autre. Mauvignier ouvre des pistes et les écarte, fait faire des embardées littérales à ses personnages tandis qu’il sème le lecteur et dissémine les motifs d’angoisse : parmi d’autres, un sac à main « couleur sang », le portrait inachevable d’une femme en rouge, un tatouage tout en barbelés, la chasse du dimanche matin. On entend la voix et la malice du conteur qui démonte petit bout par petit bout la mécanique du quotidien, et se fait de plus en plus effrayant et devient ogre : « ce soir, comme presque tous les soirs »… Il faudrait presque lire à haute voix cette formule et ses variations pour en explorer tous les gouffres. Tandis que le narrateur avance ses pions, dosant ses effets de suspens (« le temps de », « pour l’instant »), alternant présent haletant et futur proche de celui qui sait comment ça va (mal) tourner, toujours à la...

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