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Dossier Albertine Sarrazin
Bientôt, bientôt

juillet 2022 | Le Matricule des Anges n°235

Tu es née en marge du grand cahier et tu as vécu dans une faille. L’identité est affaire complexe : la prison t’était familière au point d’être une seconde peau, mais elle n’était pas toi. Et tes lecteurs savent à quel point tu as lutté pour t’en détacher tout en la faisant tienne. Cette lutte, chez toi, pourrait s’appeler littérature ou poésie. La prison a été matière parce que tout fait matière, et, comme l’a écrit Julien Sarrazin, parce que tu as voulu « vivre dans l’intelligence des choses ».
L’origine ne suffit pas à nous définir, pas plus qu’elle ne nous contient, et tu nous le rappelles avec intensité. Si je ressens ta prison, si je t’entends, c’est d’abord parce que tu as transcendé sa réalité avec ta « langue cavale ». En elle, il y a la liberté, une fougue, il y a la force qu’il faut déployer pour se donner une voix lorsqu’on n’a pas de nom. Il y a l’acuité de ton regard. Cette conscience aiguë de toi-même et des autres, et l’écriture faisant le pont entre les deux. Dans ta langue, tout s’affranchit et s’autorise. Tout brûle doucement. Le Bic, dans La Cavale, est l’objet divin par lequel tout arrive. Il te permet de rédiger tes fameux biftons, ces billets que tu caches entre tes cuisses pour les passer à l’extérieur, promesses d’une libération.
« Bientôt, bientôt, nous passerons à l’action : un soir, nous grimperons en douce quelques pelotes de coton, avec lesquelles nous tresserons, tout au long de la veillée d’armes, le fil de soie. » Tu as écrit : « une cavale ne s’écrit pas ». Elle se siffle. C’est donc au rêve de cavale que tu travailles, et tu ne vis que pour sa poésie, que pour cette liberté potentielle. Tout plutôt que d’espérer une amnistie, une remise de peine, une éternité à « tisonner l’espérance ». Il serait tentant parfois de goûter au repos des rituels de la prison, de céder à cet engourdissement de la non-existence. Alternent l’envie de vivre et celle de capituler. Le sommeil réconcilie les démons et la sagesse. Il y a le repos, à la condition qu’il serve à mieux bondir le moment venu.
L’amour est ton salut. Ta cavale est peuplée d’amitiés, mais elle raffole aussi de solitude. La possibilité de penser, de lire, d’écrire comme seul moyen d’évasion. La liberté telle que tous l’entendent est un « attrape-couillon », écris-tu. L’extérieur t’étouffe tandis que l’intérieur ouvre grand les fenêtres de ta vie. C’est la solitude qui avant tout te permet d’échapper au quotidien carcéral. Et c’est la nuit qui te l’apporte. L’Astragale devait au départ s’intituler « Soleils noirs ». L’obscurité, chez toi, est espace de lumière. C’est le noir de la nuit, de la paix, de cette solitude qui te permet de « gamberger » tranquillement : c’est-à-dire d’échapper à l’horizon de la culpabilité, de t’appartenir et de te déployer. De t’écarter. C’est le noir de la sédition, de l’écart de conduite pour te sauver de l’emprise de la froideur originelle. Le noir comme révélateur, comme carrefour et lieu de conciliation,...

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