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Poésie Le Principe de réalités de Guillaume Boppe

octobre 2024 | Le Matricule des Anges n°257 | par Christine Plantec

Le Principe de réalités

En juillet 2020, Guillaume Boppe bénéficie d’une résidence d’écriture dans la ville d’Amay en Wallonie. Sauf qu’au printemps de la même année, une crise sanitaire rebat les cartes et fait émerger le protocole du Principe de réalités. Dixième opus du poète, il se déplie en diptyque : en amont de la résidence, Boppe écrit un poème à partir de chaque nom de rues de la ville d’Amay. Soit 191. Puis, in situ, il y consacre un autre poème. Deux temporalités se font jour sur une même page, deux réalités pour un même lieu. Deux états du poème.
Ex situ, c’est-à-dire de février à juin 2020, le poète s’interdit toute recherche, toute documentation : il s’agit pour lui de partir du nom des rues plus que des rues elles-mêmes, la précision est d’importance. On pense à Perec bien sûr et son exercice d’épuisement mais c’est pourtant ailleurs que nous mène le poème. C’est non seulement le voyage avant le voyage qui s’accomplit ici mais c’est la toponymie qui sera l’accès premier et plus précisément l’odonymie et son potentiel imaginaire et poétique. « Rue de l’Écluse,/ viennent vers moi ces mots/ qui font le tour du néant. Pour s’enfouir dans la peau./ Le sang n’est pas fleur bleue,/ le sang est sale,/ coule pourtant,/ comme ces mots qui tournent/ et guettent,/ rue de l’Écluse. »
Même si quelques photographies des lieux émaillent l’ouvrage, le second temps du diptyque sera moins de l’ordre de la vérification que du creusement. Les noms inscrits sur les plaques que le marcheur silencieux guette diffusent une douce mélancolie et le constat que les mots « c’est un peu de neige/ entre les doigts/ dans le paysage trop grand/ qu’est toujours l’hiver ». En stèles discrètes, le nom des rues fait miroir et c’est ainsi que dans Le Principe de réalités, où que l’on aille, on se cogne toujours aux spectres de la mémoire, au cercle des images obsédantes et à leur force magnétique. « J’arrive au bord de la ville/ je ne trouve plus les mots à dire/ aux collines qui sont de l’autre côté du fleuve. Je m’y reprends tant de fois pour sortir de chez moi/ que lorsque je sors je ne sais pas que c’est moi qui marche et cherche la route circulaire qui enserre mon quartier ».

Christine Plantec

Propos 2 éditions, 158 pages, 15

Le Principe de réalités de Guillaume Boppe Par Christine Plantec
Le Matricule des Anges n°257 , octobre 2024.
LMDA papier n°257
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°257
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