Jacques Réda, d'une démarche dansante
- Présentation Un lyrisme désenchanteur autant qu’émerveillé
- Entretien Le poète accompli et dansant
- Autre papier Réda le rédac’
- Autre papier Réda for ever
- Autre papier
- Autre papier Le zouave, la garce, l’ange
- Autre papier « Un vrai poète touche au vrai par l’imprévu »
- Autre papier Plaisir à Réda
- Autre papier Poésie en bouteille
- Bibliographie Bibliographie : quelques indispensables
Jacques Réda a été revuiste dans l’âme et fort tôt. Dès l’âge de 14 ans, il entra dans la catégorie des meneurs de revue uninominale (ou revue à un seul rédacteur). Le premier étant Daniel Defoe qui inventa le format de The Review depuis sa prison. Suivi par Maurice Barrès ou Léon Bloy, Maurice Roche, qui écrivait un journal pour sa seule mère, Loulou Hebdo (Passage d’encre, 2007) ou le critique Paul Ginisty (1855-1932) qui rédigea à l’instar de Jacques Réda depuis la salle de collège où il se tannait la peau des fesses La Revendication. Quant à Réda, il lançait deux exemplaires d’Au but ! (« Dir. Réda Rédac. Réda ») un « organe sportif » dont la troisième livraison du dimanche 21 novembre 1943 titrait en capitales « décidément ça ne va pas ». Il était sur la voie glissante qui le conduirait à la tête de la plus prestigieuse revue littéraire de France, puis d’un titre autrement coloré.
Ses premières armes, il les fourbit comme tout poète en devenir dans des organes comme Quo Vadis ! La Tribune des poètes (dont il est secrétaire de rédaction) ou dans La Pipe en écume, lieu fameux où apparaissait la jeune poésie d’après-guerre. La liste de ses interventions déclare son amour du genre et son goût du partage : Entretiens sur les lettres et les arts (1955), Les Hommes sans épaules (1956), Le Pont de l’épée (1960), les Cahiers du Sud (1962-1966), Les Temps modernes (avril 1966), ou, depuis Le Caire, Solaire de François-René Daillie (1973), Exit (1975), Po&sie (Michel Deguy, 1979), Poésie (Seghers), Recueil (Millet-Maulpoix), Bacchanales (1999), L’Atelier contemporain (2000) ou encore La Pionnière (2002). Il a fait le tour du paysage !
C’est en 1987 qu’une importante aventure débuta lorsqu’il fut invité à diriger La Nouvelle Revue française au moment où l’aura de celle-ci menaçait d’effritement après les disparitions de Jean Paulhan puis de Marcel Arland, les deux piliers du titre durant plus d’un demi-siècle, et celle de Georges Lambrichs (1917-1992), le quatrième « patron ». Avec Jacques Réda, meneur de 1987 à 1995, on s’accorde à dire que la NRF a connu ses derniers beaux jours.
À sa tête, il s’en donna à cœur joie, renouant avec l’allégresse des notules de Jean Paulhan, et promouvant avec entrain des auteurs frais qu’il accueillait volontiers – sans oublier les pseudonymes qui lui devront éternellement leur créativité. Élaborant la continuité éditoriale de Georges Lambrichs dont il fut un auteur majeur – dans le cadre de la revue Les Cahiers du Chemin et de la collection éponyme « Le Chemin » (Gallimard) –, il maintint le cap avec des auteurs comme Jude Stéfan ou Jean-Loup Trassard sur une modernité raisonnée. Cependant, le rôle ne le satisfaisant qu’à moitié (un entretien inédit qu’il donna à La Revue des revues avec l’instruction de ne publier celui-ci qu’après son décès dira un jour ce qu’il en est), il reprit sa liberté et poursuivit ses collaborations avec Théodore Balmoral dont il devint un pilier.
Voici un résumé...

