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Poches Coco perdu de Louis Guilloux

février 2025 | Le Matricule des Anges n°260 | par Éric Dussert

Annie Ernaux n’avait encore jamais rédigé de préface. Elle a choisi d’en signer une, admirable, pour accompagner un texte magnifique de Louis Guilloux, Coco perdu. La teneur de ce beau récit l’aura sans équivoque séduite. Contrairement à ce qui pourrait passer pour un texte mineur (il est très court), l’« essai de voix » imaginé par Guilloux (1889-1980) deux ans avant sa mort aura aussi été l’une de ses plus grandes réussites, encore trop peu sue. Plus connu pour son grand, sombre et long roman, Le Sang noir qui voit évoluer au cours d’une journée de 1917 le fameux Cripure, un professeur de philosophie copié sur Georges Palante, le propre ami de Guilloux, ce dernier a mis dans le personnage de ce Coco perdu, un retraité qui voit sa compagne prendre le train sans plus d’explication, toute la détresse de l’Homme tout à coup rendu à la solitude et au silence.
Plongé dans ses pensées, angoissé par l’hypothèse grandissante de la disparition définitive de Fafa, le retraité soliloque dans les rues de sa petite ville, côtoie ses concitoyens, plaisante à l’occasion, déjeune au restaurant, échange avec un commandant de la Libération, moque un représentant de commerce, et déploie, bonhomme, un trésor de poésie contemplative. « Déjà l’heure du dîner, comme le temps passe ! »
Pourtant, le doute l’envahit et une détresse métaphysique le glace tandis qu’il monologue pour meubler ses journées. « Mais faire ci ou ça, c’est toujours du pareil au même et ça compte pas, ça n’avance pas. On peut pas non plus ne rien faire. Alors ? Fafa me plaque ? Eh bien bon ! Qu’elle me plaque si ça lui chante. »
Dans Coco perdu, chant du cygne et adieu au monde tout à la fois, l’humour et le désespoir de Louis Guilloux n’auront jamais aussi bien cohabité dans un même personnage, témoignant du talent de ce grand pudique résigné mais courageux. « On s’arrange toujours avec la mort, jamais avec la vie. Avec la vie, on discute. »

Éric Dussert

Coco perdu, de Louis Guilloux
Préface d’Annie Ernaux, Folio, 128 p., 8

Coco perdu de Louis Guilloux Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°260 , février 2025.
LMDA papier n°260
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°260
4,50