La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Entretiens Vertiges andins

février 2025 | Le Matricule des Anges n°260 | par Dominique Aussenac

Le deuxième roman de l’Équatorienne Natalia García Freire invite à une plongée en forêt, entre onirisme, épouvante, poésie et blasphème. Superbe d’étrangeté.

En 1931, dans sa Petite histoire de la photographie, Walter Benjamin évoquait l’aura d’une œuvre d’art, « l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité ». Il lui associait des origines rituelles magiques, sacrées, religieuses. Tu as amené avec toi le vent suggère une impression identique qui génère même l’image de son autrice, en petite fille entourée d’un halo et aux yeux aveugles, vêtue d’une robe blanche tout en voile qui avance vers nous issue d’un couloir très noir. Natalia García Freire est née à Cuenca et vit à Madrid. Elle a étudié la communication, travaillé comme journaliste et aujourd’hui enseigne. En 2021 paraissait en France son premier roman Mortepeau (cf. Lmda N°226), ouvrage inclassable qu’à défaut on eut pu qualifier de gothique végétal, où un enfant-adolescent dénonçant un père despotique est peu à peu chassé de sa maison. L’histoire mêlait l’effroi aux circonvolutions narratives. Ici, la narration semble partir en fumée comme si on en avait effacé les lignes directrices. « N’oublie pas ça, Mildred, ne l’oublie surtout pas, m’a dit m’man avant de mourir : Évite de te gratter. Torche-toi bien devant et derrière, mets-toi chaque jour sur le balcon jusqu’à ce que tu aies envie d’étreindre le soleil. Lave tes vêtements tous les jours, lave-les deux fois et quand ils seront usés, brûle-les. Et ne laisse jamais personne voir tes plaies. »
Mildred, une petite fille, raconte comment elle a été dépossédée de ses biens, à la mort de sa mère, puis martyrisée par les gens de Cocuán, village coincé entre jungle et cordillère des Andes. Son nom, ses mots sont devenus vénéneuse prophétie et elle, divinité matricielle. Des années plus tard (il n’y a ici aucun repère ni spatial, ni temporel), le village sera frappé d’une malédiction. Retentiront alors, l’une après l’autre, les voix d’Ezequiel, Agustina, Manzi, Carmen, Victor, Baltasar, Hermosina, Filatelio qui se diront, racontant leurs troubles, leurs méfaits, leurs souffrances. Des humains, des esprits, des fantômes, des âmes en peine ? Des villageois chassés et qui errent en forêt ? Leurs voix tournoient dans l’enfer vert. Parmi elles, celle d’un curé. A-t-il été le protecteur de Mildred, son tourmenteur pédophile, toujours est-il qu’il finira par se couper les deux oreilles. Que ne voulait-il pas entendre ? Des prières cannibales ? Les mastications d’un repas anthropophagique passé, l’évocation d’un corps sacrifié et donné à la multitude ? « Dieumère est derrière. Tout est fini à Cocuán. Ils sont nés les hommes qui devaient la tuer. Et les femmes qui ont flairé son sexe. Elle sent le lait tourné, ont-elles dit. Sa peau tombe, comme celle des êtres maudits, ont-elles chanté. À Cocuán on a tué la fille de Dieu. Mais Dieu ne le sait pas. Personne ne lui a dit. »
Difficile de raconter un rêve, encore plus de définir ce curieux ouvrage au réalisme magique mâtiné de films gore, qui pourrait être la base d’une nouvelle et furieuse religion, un syncrétisme...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°260
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°260
4,50