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Poésie Poudreuse de Séverine Daucourt

mai 2025 | Le Matricule des Anges n°263 | par Emmanuel Laugier

Les éditions MF, toutes consacrées aux essais sur la musique et à la création littéraire (formes hirsutes et de recherches) accueillent une nouvelle collection : « Poésie commune ». Le quatrième opus paru, Poudreuse, de Séverine Daucourt, travaille, à partir de la chute (voire de la possibilité d’avalanches) de la neige à damer ses glissements sémantiques. En neuf parties de proses fragmentaires, ponctuées de micro-étoiles de neige, Poudreuse, dans une irrévérence joueuse, une ironie cinglante, rappelle que la neige, par sa chute inexorablement continue (malgré le réchauffement climatique la raréfiant) recouvre le réel, véritable « poudre aux yeux », voire se fait expédiant quand de poudre elle devient la métonymie des drogues (leurre et illusion). Cependant, Séverine Daucourt précise qu’elle laisse, par sa transparence, « émerger l’espoir d’un collectif au milieu des décombres ».
Entre Personne ne sort les fusils ou Le Ministère des contes publics de Sandra Lucbert (tous deux rageurs) et Tomates de Nathalie Quintane, Poudreuse a heureusement le tact de ne pas tomber dans un didactisme potache. Plutôt lance-t-elle une série de phrases inductives, sorte de cascades de dominos mentaux, lesquels à chaque choc produisent qui une étincelle, une énigme, un constat, un lieu commun à détourer. Une dialectique à l’arrêt (Walter Benjamin) par quoi quelque chose du temps, dans son éclatement et son étoilement indomptables, se donne aussi à lire, par laquelle nous devenons moins les domptés qu’une marge réfractaire à tout ordre du monde. « Si tu veux t’immiscer fais-vite le temps de les conjuguer va passer » est-il lancé comme une grenade dans le ciel fermé. Les questions fusent, les tutoiements alternent, d’ami à ennemi, « il n’est jamais trop tard pour que ce soit pire » répond à « Souvent tu te demandes comment – comment faire comment alerter comment bifurquer », triple question de Lénine à Debord. Enfin, des puissants il est dit qu’ils « ont de la merde dans les oreilles », et ça fait du bien de le lire.

E. L

MF, « Poésie commune », 106 pages, 10

Poudreuse de Séverine Daucourt Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°263 , mai 2025.
LMDA papier n°263
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°263
4,50