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Poches Que ce soit doux pour les vivants de Lydia Flem

février 2026 | Le Matricule des Anges n°270 | par Jérôme Delclos

Que ce soit doux pour les vivants

Vingt ans après Comment j’ai vidé la maison de mes parents (2004), Lydia Flem revient sur ce livre qui nous parlait du deuil de façon très matérielle : que faire des meubles et objets de nos défunts ? « Leurs morts, absolues, irrémédiables, scandaleuses, se diffractaient en centaines de séparations minuscules et répétées. » En 2024, quand elle écrit Que ce soit doux pour les vivants, Maurice Olender, son « compagnon-éditeur » qui lui souffla ce titre « quelque temps avant de disparaitre », n’est plus là depuis deux ans. « Le deuil qui accompagne l’écriture de ce livre, je ne souhaite pas l’évoquer. Plus tard peut-être, je parlerai de lui, mon amour de vie. » Le paradoxe est que le livre devait porter, à distance de la disparition des parents, la promesse d’un apaisement, une « douceur », en même temps que la mort de l’être aimé ranime les anciennes douleurs, et la mélancolie. « Le temps, dit-on, fait son œuvre. Et si c’était faux… » Parce que l’écrivaine est psychanalyste, elle nous en parle et « ouvertement », en prenant soin, avec tact, de le faire sans masquer la souffrance mais sans jamais y appuyer, et surtout, parce qu’elle est aussi photographe, par des images, des détails minuscules, des souvenirs – « Sa peau, très fine, était d’une grande douceur. Je me rappelle le nom de sa crème suisse, Vitamol. » Du « dol » et du legs tenus ensemble, il sort une vitalité en quelque sorte ambidextre : « Oublie et n’oublie pas, souviens-toi et surtout ne te souviens pas ».
Lydia Flem le rappelle, « Maurice Olender attendait de chaque livre qu’il transforme la vie ». Celui-ci est fort de cette grande vertu, quand, suspendant la lecture, notre regard quitte la page pour s’évader dans la pensée de notre propre existence avec ses pertes, la peine, mais aussi, qui nous sauve, ce « supplément de vivre » reçu de nos morts, si nous le cultivons.

Jérôme Delclos

Points, 184 pages, 7,90

Que ce soit doux pour les vivants de Lydia Flem Par Jérôme Delclos
Le Matricule des Anges n°270 , février 2026.
LMDA papier n°270
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°270
4,50