La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Un auteur
Le gardien de la mémoire vive
Protéiforme, l’œuvre de Sébastien Lapaque fait une part belle à la foi. Mais surtout elle relie notre époque aux textes anciens, pour, peut-être, sauver nos âmes.
Reclus quelques jours à l’aube de son jubilé dans un lieu saint où même l’accès à internet était réduit, Sébastien Lapaque possède cette qualité très enviable de transporter avec lui toute une bibliothèque gravée dans sa mémoire. Son esprit, curieux de mille choses et nourri aux humanités, semble ainsi habiter plusieurs lieux et époques en même temps. Une façon peut-être de vivre mille vies...
Un auteur
Et la lumière fut
Le nouveau roman de Sébastien Lapaque a mis du temps à voir le jour. Et l’on devine en lisant ses deux cents premières pages, qu’il n’est pas né sans douleur. Ce monde est tellement beau nous montre Lazare (dont le prénom est hérité d’un jeune général de la Révolution, natif de Versailles), quadragénaire professeur d’histoire-géographie sombrer dans ce qui pourrait ressembler à une profonde...
Un auteur
Sous le soleil de Bernanos
Esprit d’une curiosité gourmande, Sébastien Lapaque arpente le monde et l’Histoire sur les pas des grands chrétiens et dans la complicité des joyeux amis. Avec appétit.
Sur son visage et dans sa voix, Sébastien Lapaque a gardé quelque chose de l’enfance. Son débit de parole très rapide lance les mots à la poursuite d’une pensée en perpétuel mouvement, en perpétuelle transformation (à l’image de ces cumulonimbus filmés en accéléré). Cette enfance que l’homme porte en lui est celle d’une soif de découverte, d’apprentissage, de connaissance. On imagine les...
Un éditeur
Penser le vivant, l’écrire
Les éditions marseillaises Wildproject se font le creuset d’une pensée écologique mondiale. Et fournissent matière à penser la littérature à venir.
Éditeur en France du best-seller de Rachel Carson, La Mer autour de nous, Baptiste Lanaspeze et ses éditions Wildproject accueillent scientifiques, ethnologues, universitaires, poètes, hommes et femmes préoccupés par la santé de la planète. Peu de romanciers français toutefois, sinon le Franc-Comtois Julien Gravelle qui vit, il est vrai, en forêt boréale au nord du Québec…
Baptiste...
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...



