La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Le chant du cygne
Dans son essai sorti l’an dernier, Jean-Claude Pinson montre combien nature et poésie vont ensemble. Et annonce de nouveaux chemins de garde.
Paru au début de 2020, Pastoral ouvre dans l’espace poétique tout un champ de réflexion sur la manière avec laquelle la poésie peut s’inscrire comme une écologie. Convoquant autant les poètes que les philosophes, l’essai, très roboratif, montre combien la poésie, depuis l’origine, est intimement liée à la Nature, jusqu’à s’en faire la « gardienne et vengeresse ». Jean-Claude Pinson y fait...
Pour une pandémie verte
Dans Le Grand Vertige, Pierre Ducrozet met en scène un écologiste qui prend acte du cynisme des puissants. Et passe à l’action, sur toute la planète.
Dans son roman, paru à la rentrée d’automne, Pierre Ducrozet offre au combat écologique une légitimité à la violence mise en place par son personnage, Adam Thobias, prenant au mot ceux qui voient dans les écolos radicaux de la graine de terroriste. Entretien rapide et à distance pour cause de pandémie…
Pierre Ducrozet, dans Le Grand Vertige, vous imaginez une réponse institutionnelle à...
Naissance d’une littérature verte
Avec le roboratif essai qu’il consacre aujourd’hui à l’écologie en littérature, Pierre Schoentjes montre que la conscience environnementale est en train d’infuser, lentement, le roman français. Comme en une révolution très lente.
Fin analyste de la fiction contemporaine, l’universitaire et chercheur Pierre Schoentjes enseigne la littérature à Gand en Belgique. En 2015, la revue en ligne Fixxion qu’il a fondée publiait un numéro consacré à l’écopoétique (N°11) en même temps que paraissait Ce qui a lieu aux éditions Wildproject, son premier « essai d’écopoétique ». Schoentjes y défrichait le terrain d’une littérature...
Un dossier
La littérature se met au vert
L’injonction planétaire
Trois essais en un mois viennent interroger la fabrique d’une littérature environnementale dont le volumineux livre de Pierre Schoentjes. Pour souligner l’urgence d’une littérature verte.
L’annonce par deux ministres fin novembre de la création prochaine d’un délit d’écocide en France pourrait passer pour une promesse qui, dit-on, n’engage que ceux qui y croient. Elle est a minima la preuve qu’une pression populaire autant que scientifique a su s’exercer sur le pouvoir. Malgré les climato-sceptiques, malgré les lobbies des grands groupes pollueurs, attenter à la nature...
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...




