La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français L’érotisme à la page

janvier 1993 | Le Matricule des Anges n°3

La Maison des écrivains joue à l’institut de sondage et interroge soixante auteurs : Qu’est-ce que la littérature érotique ? La plupart tentent de ne pas répondre. Petit tour d’horizon.

La Nuit sera chienne

Qu’est-ce que la littérature érotique ?

L’écrivain le plus lucide est une femme, Colette Deblé : « La littérature érotique n’a d’autre but que de prendre le pouvoir sur le corps du lecteur et le faire bander ou mouiller, se produire et reproduire ». Pour le reste, la plupart de nos écrivains s’enlisent entre la discussion de café du commerce et la copie du lycéen qui met en doute l’intitulé du problème. Jacques Almira, lui propose une recette pour faire monter la sauce : « Le piège à éviter est le réalisme, il entraîne nécessairement la vulgarité tandis que le délire l’exclut d’entrée de jeu ». Un conseil que Jacques Serguine aurait été bien inspiré de suivre pour écrire La Culotte de feuilles (J.-C. Lattès). L’auteur de l’Eloge de la fessée nous sert là un plat bien indigeste, entre la choucroute façon Octoberfest, et le canular style chanson de salle de garde. C’est lourd, vulgaire, et donc, peu érotique.
Jacques Almira, encore : « La littérature érotique reste une arme efficace contre le respect des »valeurs« qu’il est toujours nécessaire de tourner en dérision ». Un point de vue partagé par Raymond Jean si l’on en croit son dernier roman L’Attachée (Actes Sud). En mettant en scène une adorable attachée culturelle d’ambassade au Moyen-Orient, éprise de littérature érotique, dans un univers de fesses-pincées et d’intégristes musulmans, Raymond Jean, avec un style printanier et rafraîchissant nous offre une belle fable sur l’hypocrisie de notre société, occidentale ou orientale. L’auteur de La Lectrice ironise et nous titille avec sa jolie Martine Martin. Il en profite pour dresser un tableau plus enjoué d’une littérature érotique qui a su traverser les ans.
Si Max Genève a accepté de se soumettre également à la question de la Maison des écrivains, on préfèrera à son propos l’illustration que constitue son roman : La Nuit sera chienne.
Ce n’est pas du Bataille ni du Sade, l’auteur optant pour une comédie légère et tendre. Mais pour reprendre la définition de Colette Deblé, ce roman ne fonctionne pas mal. C’est que le plaisir est au moins autant dans les phrases de l’écrivain que dans les scènes qu’il nous décrit, surannées et sans grande folie. Son personnage est un jeune étudiant gâté par la nature, avec son « cube de trois », 27 centimètres qui font le bonheur de ses compagnes. Sa naïveté, reste de romantisme que la vie n’a pas encore érodé, accentuée par l’humour de l’auteur fait de cette lecture un petit moment de plaisirs.

Qu’est ce que la littérature érotique ?
Soixante écrivains répondent
La Nuit sera chienne
Max Genève

Zulma
112 et 136 pages, 75 et 85 FF

L’érotisme à la page
Le Matricule des Anges n°3 , janvier 1993.