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Poésie Ne pas toucher, ne pas fondre

décembre 1994 | Le Matricule des Anges n°6 | par Thierry Guichard

Ne pas toucher, ne pas fondre

Sabine Macher a banni les majuscules de son écriture. Le murmure de sa langue a gommé ces hypertrophies des lettres afin d’hypnotiser lentement le lecteur et faire de lui le double intime de la narratrice. Ne pas toucher, ne pas fondre se présente comme le journal d’une femme, une entreprise de dénudement de soi par le biais de l’écriture. Minimaliste dans sa forme, le texte, dans la récurrence de ces thèmes, construit peu à peu un portrait émouvant, subtil, d’où auraient été chassées toutes les conventions sociales grâce auxquelles il est facile de se définir. La quête de soi passe par l’errance, et le récit de Sabine Macher pourrait se lire comme on regarde un film de Wim Wenders : ce sont les détails qui définissent mieux que tout la nature de celle qui écrit. La narratrice est mère d’une enfant, alixe, et la femme d’un danseur, ulrich souvent en tournée. Elle est surtout, la narratrice, funambule sur un fil de soie qui se dérobe sous ses pieds : c’est le temps qui passe et qui rend la photo d’elle enfant plus proche d’alixe que de la mère qu’elle est devenue. Le temps assassin qui a rappelé à lui la grand-mère, la disparue de ce journal.
De la simplicité apparente des phrases surgit une émotion ineffable, étrange parce qu’elle mêle au désir amoureux de rester au cœur de cette intimité, le sentiment douloureux de l’éphémère de toute rencontre. La force de ce livre vient des chocs qu’engendre la succession des courts paragraphes, alignant sur un même plan l’anodin et le grave jusqu’à faire du premier le symbole du second : « je regarde de temps en temps mon corps nu, le matin en me lavant, je le scrute pour voir les signes du déclin.
j’arrose le jardin en déplaçant le tuyau. »

Sabine Macher parvient à trouver au cœur du plus ténu des instants, le noyau même de ce que l’on pourrait bien appeler la vie et l’on reste, lecteur, ému et envieux de ceux qui peuplent l’existence de la narratrice, alixe sa fille, et ulrich le mari danseur.

Ne pas toucher, ne pas fondre
Sabine Macher

Maeght éditeur
128 pages, 90 FF

Ne pas toucher, ne pas fondre Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°6 , décembre 1994.