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Dossier Jean-Claude Pirotte
« Vivre est immoral »

mars 1995 | Le Matricule des Anges n°11 | par Philippe Savary

Refusant tout forme de statut social - dont celui d’écrivain - Jean-Claude Pirotte désacralise la littérature pour mieux l’honorer.

« Vivre est immoral »

Pour celui qui soumet Jean-Claude Pirotte à la question, l’exercice de l’entretien est délicat. Ses livres, nourris de confidences incertaines et de fragments de réponses à une quête qu’il cherche vainement à ordonner, renvoient à l’interlocuteur une douloureuse impression de voyeurisme. « Je ne sais plus très bien d’ailleurs où j’en suis dans ce réseau de récits boiteux et tronqués (…) », avoue-t-il dans Plis perdus. A chaque moment, on s’attend, au détour d’une phrase, au détour d’un excès de lucidité, que dégringolent du ciel des mots qui assomment.

Jean-Claude Pirotte, vous écrivez dans Récits incertains que vous préférez raconter des histoires, des fables. La qualité de romancier vous semble si mal à propos ?
Parce que le romancier est un grand machiniste. Moi, je ne mets en scène qu’un personnage, le narrateur. Je ne me sens pas digne de la qualité de romancier si on envisage la conception du roman comme on l’entendait au XIXe siècle. En revanche, si on considère que le roman est un écrit en prose et en langue vulgaire, alors oui je suis romancier. Mais plus près du roman courtois. Les Thibault, ce n’est pas mon affaire. Moi, je ne développe rien. Je raconte des histoires, des fables que je ne finis jamais. Je suis plus proche de la fabulation que de la vraie fiction. En plus, je n’ai pas le talent de la mise en scène. Je n’ai pas d’imagination.
L’imagination est retenue ? Bannie ?
L’imagination a une part dans ce que j’écris, mais je me hasarde difficilement à croire en la plausibilité de mon imaginaire. J’ai souvent constaté que lorsque j’utilisais l’imaginaire, je m’engageais dans des voies incertaines et dénuées d’intérêt. Malgré tout, j’ai le sens du romanesque. Le romanesque, c’est un lieu commun qui passe par Mme de Lafayette ou Benjamin Constant. Ecrire pour moi, c’est répondre aux questions que l’on ne se pose pas.
Savez-vous pour qui vous écrivez ? » Je rêve d’écrire à quelqu’un « , dites-vous dans Fond de cale.
Nous avons tous envie de nous adresser à quelqu’un. Ce n’est pas un acte philosophique. Il y a l’échange. On n’écrit pas pour être compris. On écrit pour être incompris. Ecrire, peindre, c’est comme chanter pour l’oiseau. Ecrire, ce n’est pas mettre en jeu des systèmes d’influence ou des mécanismes de promotion ou de régression sociale, ce n’est pas participer à l’élaboration du progrès puisqu’il n’existe pas. Ecrire, ce n’est que chanter sa petite chanson. La littérature est un lieu commun. Comme les cimetières, tout le monde peut s’y reposer. Mais la littérature, c’est aussi le lieu commun, comme l’entendait Joubert, où tout peut arriver, y compris les petits miracles quotidiens.
Pensez-vous au lecteur quand vous écrivez ?
Je ne sais pas si le lecteur est important. Le lecteur c’est moi. Il peut aussi ne pas me ressembler ; dans ce cas, c’est l’autre moi. Mais si actuellement, je n’écris plus que des lettres, cela signifie...

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