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Poches De la vie et d’autres riens

juillet 1997 | Le Matricule des Anges n°20 | par Didier Garcia

Bien que contraint, pour des besoins d’argent, de tenir la chronique durant les vingt dernières années de sa vie, Léon-Paul Fargue (1876-1947) n’en fut pas moins un chroniqueur talentueux, talent dont témoignent Déjeuners de soleil et Dîners de lune. Un chroniqueur qui rappelle tantôt la manière de Morand dans sa faculté de noter les infimes évolutions de la société, tantôt la désinvolture de Vialatte. Les trente-trois chroniques regroupées ici ne sauraient être tenues pour de simples pochades comme il serait absurde de les prendre exagérément au sérieux : il convient d’en apprécier l’élégance et la légèreté, d’en goûter la saveur, faite de culture et d’humour.La vie apportait à Fargue son lot quotidien de réjouissances : l’invention du stylographe, la création du musée Grévin, le génie des couturiers, la découverte de certain détail lexical (« Le feu jouit d’une bonne position dans les dictionnaires. On met des colonnes à sa disposition pour lui permettre d’étaler ses origines, ses applications et ses métaphores. »). Mais s’il lui était donné de facilement s’enchanter, il lui arrivait aussi de désirer fustiger, dénoncer le mensonge qui « mène ce pauvre monde par le bout du nez », railler cette société où chacun désormais se doit de devenir inhumain, lutter contre les balbutiements du franglais (camping, footing, « le dorming, le rêving »), déplorer la fermeture des maisons d’illusion (que d’autres, moins poètes, avaient nommées maisons closes), s’indigner de ce que les femmes célibataires soient flétries de l’horrible nom de vieilles filles… C’est qu’il y a du satiriste en Fargue, souvent sujet au désenchantement qui menace tous ceux qui accordent trop de prix au passé : le voyage « est devenu d’une facilité qui vous coupe bras et jambes. Celui qui revient des Indes en passant par la Californie n’épate plus personne ». Il arrive même que les jugements se fassent péremptoires : « nous avons transformé l’avenir en quelque chose de particulièrement affreux. »
Dîners de lune invite à pénétrer dans « la poésie des choses quotidiennes », celle qui fait écrire ces lignes pleines de délicatesse (des phrases à la Roland Barthes) à propos du stylographe : « Il a transformé la sensibilité, créé des images littéraires, aboli des distances, fait gagner du temps, autorisé des audaces et pris des responsabilités. (…) Le stylo est de nos jours un petit temple portatif. » Il a aussi donné les petites proses de Fargue, ce qui vaut bien un hommage.


Dîners de lune
Léon-Paul Fargue
Gallimard (L’Imaginaire)181 pages, 42 FF

De la vie et d’autres riens Par Didier Garcia
Le Matricule des Anges n°20 , juillet 1997.
LMDA PDF n°20
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