La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Mythique saudade

mai 2003 | Le Matricule des Anges n°44 | par Franck Mannoni

Mémoires d’une jeune fille triste

Écrivain et poète portugais du XVIe siècle, Bernardim Ribeiro n’a quasiment laissé aucune trace biographique. Seuls ses écrits demeurent, comme ce roman de chevalerie pour la première fois traduit en français et quelques recueils de vers. Pour le reste, les grands épisodes de sa vie sont au mieux imprécis, au pire inventés par les exégètes du XIXe siècle. Un temps exilé à Ferrare, en Italie, lieu de parution du livre, il serait mort fou à l’hôpital de Todos-os-Santos de Lisbonne. Peut-être une des clefs qui permet de mieux aborder Mémoires d’une jeune fille triste, où les hallucinations et les idées noires abondent.
De l’incomplétude à l’inconstance, Bernardim Ribeiro cultive en effet les maladies de l’âme qu’il transpose dans ses phrases aux multiples circonvolutions. De son style il se justifie : « Des chagrins, on ne peut rien conter de façon ordonnée ». L’une des premières allusions littéraires à la saudade, sentiment qui mélange nonchalance, tristesse et conscience du manque, trouve ici sa place. À la charnière du monde médiéval et de la Renaissance, l’auteur mêle dans son récit la tradition des aventures courtoises, où de preux chevaliers se disputent le cœur des dames, et la modernité de l’analyse psychologique. Ses personnages, qui portent tous des noms à clef -Lamentor, Binmarder anagramme de Bernardim- se livrent à une introspection sans fin, perturbée par des combats et quêtes diverses. Quiproquos, coups de théâtre et coups du sort rythment la narration, équilibrée entre l’action et les soliloques.
Conseiller avisé de son lecteur, Bernardim Ribeiro l’interpelle, directement ou par l’intermédiaire de ses personnages. Son livre ne convient pas aux « gens heureux », peut-être aux affligés, « mais il n’y en a plus depuis que la pitié existe dans le cœur des femmes ». Ambigu, il encourage, faussement bien entendu, à passer sa route : « Il vous faut, monsieur, aller votre chemin ; au moins ne prendrez-vous pas part à tant de malheur, car les souffrances des autres font également souffrir ceux qui en sont témoin ». Un avertissement qui n’a visiblement pas découragé Fernando Pessoa ou José Saramago, conquis par l’ouvrage.

Mémoires d’une
jeune fille triste

Bernardim Ribeiro
Traduit du portugais
par Cécile Lombard
Phébus
180 pages, 11

Mythique saudade Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°44 , mai 2003.
LMDA PDF n°44
4.00 €