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Histoire littéraire Georges Perros

juillet 2003 | Le Matricule des Anges n°45 | par Philippe Castells

Ah, Vieillesse ! Tu n’éteins pas la concupiscence…" ainsi pourrait-on résumer cette histoire espagnole. Le héros n’en est autre que Don Juan ; Don Juan mais lequel, puisqu’il y en eut trois ? Ou tout du moins l’auteur prétend-il dans un courrier introductif que la fin officielle de l’illustre amant est une méprise.
Fernand Fleuret (1883-1945) outre qu’il fut un pasticheur de talent, fut également mystificateur. Comme nous l’explique Claude Esteban en postface il existe une confusion entre Don Juan (en fait Don Miguel) de Mañara réel libertin qui décéda dans le repentir monacal, et le Burlador de Sevilla personnage de la comedia espagnole qui, lui, disparut en défiant le ciel, face au commandeur. Fleuret exploite le filon mêlant réel et imaginaire, il s’en amuse et en rajoute, donnant au mythe une dimension supplémentaire, peut-être plus humaine.
Que par ailleurs l’œuvre de Fleuret fasse une large part aux poèmes érotiques de la Renaissance, légitime cet attrait pour le séducteur de Séville, et on savoure dans la culture qu’il prête à Don Juan ses propres goûts en matière de sensualité. N’était la question de l’âge, on penserait que l’auteur, qui eut une vie conjugale tumultueuse, s’identifie à ses héros. Cependant, le sybarite ici campé n’est pas le fringant gentilhomme que la postérité a retenu : l’âge l’a rattrapé. Mais, s’il est bien décrépi dans sa chair, il n’a rien perdu de son esprit de conquête.
On découvre comment il circonvient son fils, Don Alvare, jeune mais prude sosie qu’il eut de la sage Dona Elvire. Comment il l’utilise et le manipule pour poursuivre ses fantasmes et assouvir sa lascivité, jusqu’à la fin. Car, s’il ne présente aucun repentir, il est guetté par une mort qui n’aura pas le panache attendu.
Ce récit est celui de cette relation filiale particulière et de l’ultime subterfuge, puisque post-mortem, qui conduisit le pauvre Alvare, troisième avatar du séducteur, à expier les péchés de son père. La méprise sans doute disparaît, mais la morale dans tout cela, est-elle vraiment sauve ?

Les Derniers Plaisirs
Fernand Fleuret
Farrago/Léo Scheer
137 pages, 15

Georges Perros Par Philippe Castells
Le Matricule des Anges n°45 , juillet 2003.
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