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Vie littéraire Une bonne nouvelle

janvier 2004 | Le Matricule des Anges n°49 | par Philippe Castells

Grenoble, deux libraires militantes parient sur la vitalité de la petite édition indépendante. Un lieu d’intimité et de curiosité.

Alliant bonne humeur et passion, Pascaline Garnier et Muriel Blanchi, ont ouvert le 6 décembre 2002 à Grenoble une librairie discrète et exigeante : Bonnes Nouvelles. « Nous avons beaucoup hésité entre ouvrir un magasin de chaussures et une librairie, pour avoir un chiffre d’affaires plus conséquent », plaisantent-elles. Le sourire est de rigueur : après un an d’existence elles arrivent à dégager un salaire et le fonds de la boutique présente aujourd’hui près de 4000 titres. Le secret ? Il tient dans la spécificité de Bonnes Nouvelles : donner à découvrir des livres rarement mis en valeur, issus principalement de l’édition indépendante.Le magasin s’étend sur 30 m2 et propose un choix éclectique : poésie, romans, récits de voyage, jeunesse, mais aussi livres d’art, livres d’artiste et tirages de tête. On peut ainsi repérer parmi les rayons quelques raretés, comme ces ouvrages tirés sur papier filtre, spécialité des éditions Jacques Brémond ; s’émerveiller du texte de Jacques Moussempès à La Bibliothèque du lion ou encore celui de Llorca illustré par Joël Leick ; feuilleter Là, l’abandon l’étonnant travail de l’écrivain Joanna Mico et de la photographe Brigitte Kohl, aux éditions de l’Entretoise.
L’histoire débute par une amitié. Nos libraires font connaissance chez des amis communs. Elles ont alors un vécu professionnel hétéroclite allant du professorat à la librairie d’art. En 2002, au salon de la petite édition de Crest, Michel Anseaume, responsable des éditions Les ennemis de Paterne Berrichon leur offre Cargneule de Patrick Wateau, et quelques ouvrages des éditions Fata Morgana et Le Temps qu’il fait. Elles sont séduites ; dès lors elles prospectent et découvrent qu’il existe au moins « cinq ou six cents de ces petites structures ». Cette richesse les enthousiasme à lancer ce « pari insensé » : ouvrir une librairie. Elles répertorient, se renseignent et enfin font leur sélection, « sélection hypersubjective puisque nous présentons surtout ce que nous aimons », avouent les deux copines, grandes lectrices de Valérie Rouzeau et de René Pons. Deux impératifs : qu’il n’y ait pas les mêmes livres dans les autres librairies et que leurs prix soient abordables. Leur dernier coup de cœur ? Les éditions Æncrage & Co qui publient entre autres la « magnifique » revue Visible/lisible.
L’ouverture de la librairie aurait été impossible si les éditeurs n’avaient pas joué le jeu. « Ils ont accordé des dépôts de livres magnifiques et en grande quantité ». Muriel cite Cadex, Le Dé bleu, les éditions Grèges. Elles travaillent en direct avec des personnes qu’elles ont rencontrées, privilégiant la qualité de la relation.
Mais tout ceci ne serait rien sans le sourire et la disponibilité des deux acolytes. À Bonnes Nouvelles on peut fouiner, seul, ou encore donner un thème et laisser la libraire déposer devant soi, accompagnée d’une kyrielle d’explications enjouées, une pile correspondant à la demande. Et si la librairie est loin des rues piétonnes, s’il n’y a pas d’enseigne multicolore cela découle d’une volonté : « Pouvoir s’occuper des gens qui entrent, en toute tranquillité ». Résultat : les lecteurs reviennent. Même les animations, le jeudi en nocturne, servies par le bouche-à-oreille, rencontrent un joli succès, avec parfois près de cinquante personnes se serrant pour écouter un auteur, puis boire un verre de blanc ou de sirop de violette servi par une main charitable. Cette volonté de discrétion et de convivialité explique également l’effacement du patronyme des dames. Ici chacun les appelle Muriel et Pascaline.

* Librairie Bonnes Nouvelles 3, rue Dominique Villars 38000 Grenoble. Tél./fax 04.76.42.65.34

Une bonne nouvelle Par Philippe Castells
Le Matricule des Anges n°49 , janvier 2004.