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Événement & Grand Fonds L’entrepôt magnétique

janvier 2004 | Le Matricule des Anges n°49 | par Emmanuel Laugier

Monumental journal intellectuel, le Zibaldone de Giacomo Leopardi (1798-1837) est enfin traduit dans sa totalité. Ces 4526 pages manuscrites forment un inépuisable labyrinthe où l’âme cherche, par son étude, à s’élever pour atteindre l’acte libre de l’existence.

Le Zibaldone est l’un des ouvrages les plus mythiques de la pensée occidentale. On peut le comparer aux Essais de Montaigne ou aux Pensées de Pascal, mais il en est toutefois très différent. D’une part, il ne cherche aucunement à peindre son propre sujet (Giacomo), à le mettre à nu. D’autre part, son but n’est pas de conduire l’existence vers l’ascèse du sage. Surtout, il a un rapport au langage nouveau, disons intérieur. La langue, toutes les langues, sont centrales à sa démarche. C’est sa seule foi. La façon de les interroger, à travers tous les domaines du savoir, est déterminante de la modernité exclusive du Zibaldone. Tous les régimes d’écriture (sauf la confession du journal intime), du commentaire d’ouvrages à la réflexion détachée, reprise, complétée, à la note philologique en passant, bien sûr, par la lecture de soi-même, ce que le XVIIIe siècle appela par le mot de vertu, tous les sujets (théorie du plaisir, du langage, considérations historiques, etc.) que le Zibaldone traverse, sont les éclats multiples qu’il fait briller pour éclairer son rapport au langage, c’est-à-dire un rapport au monde possible. « Leopardi assimile le Zibaldone à une production d’actes intérieurs au discours dont la fonction ou le dispositif d’enregistrement est semblable à celui d’une chambre noire », écrit Bertrand Schefer, le traducteur de ce livre presque infini. Leopardi zibaldone donc, et il est le seul. Les étymologies de ce mot étrange restent hypothétiques : il aurait une parenté avec salmigondis, avec le zabaione du sabayon, soit une sorte de mélange culinaire, puis un fouillis, voire un fatras. On est sûr néanmoins que le terme est fréquemment employé dès le début de la Renaissance pour signifier les registres des journaux intellectuels ; et qu’il se restreindra plus tard à Leopardi seul.
Leopardi le commença tôt, en juillet 1817 (il a alors 19 ans) à Recanati, petite ville des Marches d’où l’on peut voir, par temps clair les côtes adriatiques de l’actuelle Croatie ; il ne lui donna aucun titre, sauf pour l’un des trois index qui le termine et sur lequel s’appuieront tous les éditeurs : Index de mon Zibaldone de pensées. Il en écrira la dernière note à Florence le 4 décembre 1832 ; puis plus rien jusqu’à sa mort le 14 juin 1837 à Naples. On ne sait si Leopardi savait son Zibaldone achevé, qu’il trouvait par ailleurs « à peine intelligible sauf pour (lui) « . Quoi qu’il en soit, la page 4526 de son manuscrit autographe, cette ultime page, est assez laconique, presque étrange, tant elle semble dénoncer et affirmer dans un même mouvement contradictoire la tâche à laquelle Leopardi usa sa vie : « La chose la plus inattendue pour celui qui entre dans la vie sociale, et le plus souvent pour celui qui y a fait son temps, est de vérifier que le monde est tel qu’on le lui avait décrit, tel qu’il se l’imaginait et le connaissait en théorie. L’homme reste stupéfait de voir la règle générale vérifiée dans son cas particulier ». Cette stupéfaction...

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