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Vie littéraire L’homme de l’archipel

janvier 2004 | Le Matricule des Anges n°49 | par Dominique Aussenac

Essayiste, critique, éditeur, poète, Philippe Gardy accomplit avec modestie un gigantesque travail sur la langue occitane.

Dans tout mouvement culturel, politique, il y a des militants purs et durs (et il en faut !) acharnés, combatifs, qui occupent le devant de la scène. En arrière-plan, certains aux activités toutes aussi vibrionnantes, s’affairent loin des lumières. Philippe Gardy, homme discret, modeste, grand érudit, polygraphe remarquable, cherche, analyse, synthétise, produit et incite à découvrir. Même si son dernier travail, la présentation critique en collaboration avec Jean-François Courouau de La Requeste faicte et baillée par les dames de la ville de Tolose, recueil de textes français et occitans du XVIe siècle, publié par Les Presses Universitaires du Mirail n’intéressera dans un premier temps qu’un public de lettrés et de spécialistes, il révèle encore et toujours un autre petit morceau de l’immense continent qu’est la littérature occitane. De la création littéraire contemporaine, il affirme : « Il existe toujours une littérature occitane vivante, intéressante, aussi bien du côté de la poésie, du théâtre, du roman ; finalement c’est aussi une sorte de réaction à cette raréfaction relative mais réelle du nombre de personnes qui peuvent parler l’occitan. »
Né en pays d’Oïl, à Chalon-sur-Saône, en 1948, d’un père « catalan de Sète » et d’une mère montpelliéraine, Philippe Gardy a dès le plus jeune âge été baigné de langues : occitan, catalan, français. Aujourd’hui professeur d’université à Montpellier, chercheur au CNRS à Bordeaux, son parcours est jalonné d’une multitude d’ouvrages, dont de nombreux essais. D’Une écriture en archipel (Fédérop, 1992), il explique : « Mon idée, sur cette littérature des années 50 aux années 90, était que chaque individu vivait sur une île comme si tout le reste du territoire avait été submergé. Mais chacun sur son île réinventait le monde, des images, un imaginaire, une langue, une langue d’écriture, une langue poétique. » Il publie aussi des recueils de poèmes (plus d’une dizaine), d’une belle sensibilité. « Je suis un poète d’occasion, j’en reprends la formule. Le mot latin d’où vient le mot occasion, veut dire tomber. Quand le poème tombe et que la paresse n’est pas suffisamment forte pour l’empêcher de tomber, j’écris. Ça se produit assez rarement. » Critique occasionnel pour Le Monde, il collabore à de très nombreuses revues. Ajoutez à cela que depuis plus de vingt ans, il est un des animateurs de l’excellente maison d’édition Jorn et vous serez étonné que ce boulimique de savoirs et de travail puisse parfois se présenter comme paresseux. Son ami, l’écrivain Jean-Claude Forest souligne la très grande sûreté de son jugement littéraire et l’importance de sa poésie. « Philippe Gardy enrichit les textes par la lecture qu’il en fait, élevant la critique au rang de création littéraire. Mettant en perspectives les écrits, découvrant des structures invisibles à autrui. Dommage que sa poésie soit sous-estimée. »
Philippe Gardy aime les mots, pas leur emphase, aussi ne se considérera-t-il jamais comme passeur de langue, préférant expliquer que ce qu’il fait « c’est pour faire connaître tout simplement ». Et ce très grand amateur de vins, « véritable archiviste vinicole » selon Forest, le fait remarquablement bien, ne se départissant jamais d’une intense et bonhomme jubilation. Une voix qui fait autorité.

L’homme de l’archipel Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°49 , janvier 2004.