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Théâtre Opaque transparence

février 2004 | Le Matricule des Anges n°50 | par Laurence Cazaux

Par tout un jeu d’apparition et de disparition, Claudine Galea brouille les pistes qui mènent à Camille, une femme qui revient de loin….

Je reviens de loin

Claudine Galea a déjà écrit plusieurs textes pour le théâtre (Les Chants du silence rouge, À demain cette nuit, L’Orélie) et un premier roman, Jusqu’aux os (Le Rouergue). Avant le début de sa nouvelle pièce, Je reviens de loin, elle avertit le lecteur de ne surtout pas chercher à être rationnel : « Les séquences de Je reviens de loin se distribuent dans une structure non chronologique et selon des modes narratifs différents. Leur ordre de succession sur la page respecte l’idée d’une progression de l’histoire par une logique qui tient plus de l’inconscient et de l’imaginaire que de la raison cartésienne (…). Les mondes du rêve et de la fiction ont tous les deux la faculté de se transporter au-delà des apparences et de jouer avec les lois de la vraisemblance pour explorer une réalité plus secrète ».
Une fois le lecteur prévenu, il lui reste donc à plonger dans cette pièce comme dans un rêve. Ce rêve ou cette fiction est produit par l’imaginaire de Camille. Il semblerait que Camille ait décidé un samedi matin à 6 h 15 de quitter son mari Marc et ses deux enfants, Lucie et Paul. Elle a juste enfilé un jean, son pull préféré, le rose, ses boots, pris très peu de choses dont son paquet de Benson et le briquet que son mari lui avait offert pour son anniversaire, mis son manteau et son écharpe, oublié ses gants et son chapeau, et s’est enfuie en voiture… On suit alors son voyage vers la mer, sa fuite, sans en comprendre véritablement les motivations. L’imaginaire de Camille ne cherche pas à donner les raisons de cet acte. Il s’applique au contraire à imaginer ceux qu’elle a laissés, imaginer Lucie et sa révolte, Paul et son désespoir et Marc et son incompréhension douloureuse. Le lecteur assiste au premier petit déjeuner à trois, aux cauchemars, aux disputes, aux larmes, à l’examen de piano raté. La voix de Camille commence à se mêler à ces souvenirs de la vie à trois, quand elle est partie. Nous finissons alors par nous demander si au bout du compte Camille n’est pas en train de les imaginer, de les créer entièrement, ces souvenirs. La fin de la pièce bascule dans la réalité, quand Camille décide de redevenir visible en quelque sorte. En retournant dans sa maison. Dans une postface, Claudine Galea nous dévoile alors quelle était la nature de la fuite de Camille, destinée à surmonter une douleur… qu’on ne peut révéler ici. Ce dénouement surprend terriblement : depuis le début, nous nous baladions au bord de la folie, mais pas celle que l’on imaginait. Cette postface nous fait relire le texte différemment, le lecteur est bluffé. La construction de la pièce a permis cette mise en abyme.
Claudine Galea fait preuve de beaucoup d’invention. Je reviens de loin est écrit comme une partition musicale, avec prélude, impromptus, premier, deuxième et troisième mouvements. L’auteur indique d’ailleurs que s’il y avait un piano sur scène ( la musique est le refuge de Lucie), ce piano devrait être transparent. La construction de la pièce est très particulière, explosée, des bribes de voix se répondent, des chansons se chantent, des dialogues sont troublés par des monologues intérieurs, les voisins échangent leur point de vue… Tout un univers de voix pour chercher à rendre visible l’invisible.

Je reviens de loin
Claudine Galea
Éditions Espaces 34
(BP 2080 34025
Montpellier cedex 1)
94 pages, 11

Opaque transparence Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°50 , février 2004.
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