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Poésie En pure perte

février 2004 | Le Matricule des Anges n°50 | par Richard Blin

La Dérive du voyageur

De petites agonies sublimées, des reliquaires de cendre, de la vie en équilibre sur des ombres, les poèmes de Richard Rognet avancent en boitant, un pied dans les mots, l’autre dans un silence hanté.
Placé sous le triple parrainage de Vladimir Holan, de Nuno Júdice, et d’un extrait du Journal de Louis XVI, de juillet 1789, Dérive du voyageur cristallise et indexe la douleur toujours un peu énigmatique de ce qui subsiste quand il n’est plus rien. Univers d’ombres poignardées, de voix disparues, d’accords blessés sur fond de plénitude perdue et d’endeuillement infini. « Le muguet rougit le/ sang tire à soi/ les blancs, nous/ sommes suspendus/ au-dessus du chagrin,// désarticulés, gauches,/ paroles défleuries,/ mémoire au rebut,// nous bourlinguons/ dans nos noirceurs,/ nos bouches s’unissent,/ ténèbres traversée/ des étoiles mortes. »
Des poèmes où tremblent des beautés englouties, des promesses ruinées, des aveux dérisoires. Errances dans l’irrévocable sous le soleil d’une mélancolie toute nervalienne. « L’or le plus pur/ sur les terrasses tes os/ sortis de toi et les oiseaux/ perchés dessus, qui blessent/ de leurs chants la neige tardive.// L’or de rien tu/ répètes en chaque lambeau/ de vent l’horreur de voir.// L’or, l’abandon et/ plus de voix, le soir/ s’efface, tarde la nuit,/ plus jamais d’heure. »
Au fond de la blessure du temps palpitent des caillots de mémoire, des souvenirs de femmes belles comme « un rêve d’orchidée », des joies déracinées, des aubes et des bouts d’enfance. Cruelle jouissance que celle de ce ressassement infini, de cette dérive faisant du Je le vassal d’une pure attente.

Dérive du voyageur de Richard Rognet
Gallimard, 115 pages, 12

En pure perte Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°50 , février 2004.
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