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Poches Un homme de trop

juillet 2004 | Le Matricule des Anges n°55 | par Thierry Cecille

La Toile d’araignée

Assez éloigné des peintures nostalgiques et ironiques à la fois du défunt Empire austro-hongrois qui ont fait sa célébrité (La Marche de Radetzky, La Crypte des capucins), plus proche des reportages et articles récemment traduits (Une heure avant la fin du monde), ce roman de Joseph Roth nous conduit dans l’Allemagne des années 20, celle de la crise et de la montée du nazisme. Nous découvrons notre anti-héros, pitoyable et cependant énigmatique dans son abjection, au sortir de la guerre et le suivrons pendant quelques années dans ce qui peut apparaître comme un roman de formation en accéléré, un Bildungsroman de la traîtrise et de la méprise de soi, un anti-Candide. Homme sans qualités, médiocre sous-lieutenant, à l’antisémitisme charnel, Thomas Lohse se vendra corps et âme, sans qu’il soit besoin de quelque pacte diabolique, pour finir par s’emmêler lui-même dans la toile d’araignée qu’il concourt à tisser. Sa seule force est celle des médiocres qui, à la faveur des tremblements et basculements d’une époque qui perd ses repères, parviennent à se glisser à travers les interstices et les failles de la société.
Roth, avec son habileté habituelle, fait se succéder, sans baisse d’intensité, portraits concis et acérés, scènes intimes ou épiques (superbe évocation d’un défilé ouvrier hurlant L’Internationale, « chant d’une force qui pleure » ). Il joue aussi avec originalité de l’usage des temps : un curieux présent, non pas de narration mais plutôt de « présentification » vient, à intervalles irréguliers, nous placer sous les yeux ce qu’il nous décrit. Il donne ainsi à son récit l’allure d’un apologue, d’un conte noir, presque d’une fable cruelle à la morale ambiguë.

La Toile d’araignée
Joseph Roth
Traduit de l’allemand par Marie-France Charrasse
Gallimard/L’Imaginaire
157 pages, 7,50

Un homme de trop Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°55 , juillet 2004.
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