La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Histoire littéraire À l’arme blanche

mars 2005 | Le Matricule des Anges n°61 | par Thierry Cecille

Le Mauvais Livre

Il fut un temps où le style était stylet : rapide, aiguisé, tranchant, il perçait ou entaillait. De Barbey d’Aurevilly à Léautaud, certains rajeunirent ainsi, dans des formes diverses (journal intime, notes, aphorismes), avec une acuité parfois âpre, l’exploration moraliste du XVIIe siècle. Renard s’y exerce ici, à travers saynètes dialoguées, portraits et maximes. D’abord publiés dans divers journaux et revues, réunis ensuite sous le titre rabelaisien de « coquecigrues » (en écho à l’amère ciguë), ces textes sont repris ici en un ouvrage extrêmement soigné par les éditions au nom ô combien adéquat ! de L’Arbre vengeur. Nous y suivons Eloi (double ou caricature de l’auteur) en des avatars successifs : « homme de plume » en ces étouffants salons que décrit si bien le Paludes de Gide, « homme du monde » démasquant sa propre hypocrisie, « homme des champs » enfin, plus proche d’Alceste s’exilant au « désert » que de quelque écologiste moderne. Voilà ce que raconte Renard mais l’essentiel n’est pas là, et seule la citation (et c’est tout le livre qu’il faudrait recopier, entre la fascination et le fou rire) peut donner à goûter l’inimitable ton : alors que le romancier psychologue achète les « accessoires » encore en usage aujourd’hui qui lui seront nécessaires (ainsi « une chaude couverture dont il enveloppera, pour le préserver du froid, son beau talent d’une sensibilité suraiguë »), l’apprenti symboliste « veut, infatigable, toujours aller à l’obscur, vers du plus obscur encore » et le naturaliste débutant, lui, « étudie l’urine et compte les jets de salive en disant : - Tout mon bonhomme est là. Je le tiens. » Mais faisons silence, car Renard apostrophe également le lecteur : « Qui vous demande votre avis ? Prenez donc l’habitude d’attendre qu’on vous interroge. »

Le Mauvais Livre de Jules Renard
L’Arbre vengeur (15, rue Berthomé 33400 Talence), 123 pages, 10

À l’arme blanche Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°61 , mars 2005.
LMDA papier n°61
6,00 €
LMDA PDF n°61
4,00 €