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Entretiens L’emprise des sens

avril 2006 | Le Matricule des Anges n°72 | par Thierry Guichard

Le cinquième livre d’Alain Turgeon raconte les tribulations sociales et sexuelles d’un jeune homme en quête de lui-même. Désopilant et tendre, « Tu moi » vise à la résurrection.

Écrit à la seconde personne du singulier, Tu moi reconstitue des épisodes de la vie du narrateur, pris entre ses désirs amoureux ou sexuels, ses petits boulots et l’ambition de devenir écrivain. Drôle, dans les scènes qu’il décrit autant que dans la manière de les décrire, le roman pour autant laisse percevoir un malaise profond. Pas tant celui d’un être inadapté aux règles de la hiérarchie du travail, que celui d’une société absurde, tout entière livrée à la publicité et au commerce. Un monde dans lequel notre homme, qui n’a de cesse de vouloir coucher avec les femmes qu’il croise, fait l’effet d’un clown lunaire ou d’un Buster Keaton dont la maladresse révèle, a contrario, la dureté de l’existence.
La phrase d’Alain Turgeon, depuis son premier roman Gode Blesse dont la publication est évoquée ici, semble tituber dans sa fausse naïveté, son air d’enfance, sa gaucherie qui se veut le reflet de celui qui parle. Les trouvailles stylistiques sont nombreuses qui, en faisant sourire le lecteur, révèle un monde intérieur légèrement fissuré. Ainsi, lorsque notre bonhomme mate une jeune femme dans les allées d’un supermarché et que celle-ci s’en rend compte : « Tu es pris les yeux dans le sac » et plus loin, « tu prends ton courage à une main, ce qui suffit amplement vu sa taille ». Dans la précision avec laquelle, n’épargnant aucun détail infime, Turgeon livre sa panoplie de préliminaires pour arriver à ses fins érotiques, l’homme montre du moins qu’il est un fin observateur de lui-même, autant dire de nous tous.
Le Québécois vit à Lyon, dans ce quartier de la Croix Rousse qui met le reste de la ville à ses pieds. Il a débarqué dans la capitale des Gaules en 1989, bénéficiant du jumelage de Lyon avec Montréal. Né à Lévis, sur la rive sud du Saint-Laurent, Alain Turgeon a d’abord fait des études en polytechnique dans le génie informatique. Mais ce qui importe le plus, dans ce qu’il raconte de sa vie, c’est la découverte de l’amour : « je suis tombé amoureux pendant la deuxième année de mes études. Jusque-là, je croyais que l’amour, c’était une blague. Que c’était piner qui comptait. » Premier amour et première dépression… Sa vie et son œuvre se nourrissent de ça. Le deuxième amour l’attend donc à Lyon quand il y débarque une première fois au point qu’il revient en France en 1991, son diplôme d’ingénieur en poche. Il travaille un temps à Paris, mais prend très vite l’habitude de se faire virer de tous les postes qu’il occupe : il est allergique à la hiérarchie et son travail ne l’intéresse pas beaucoup. Il reprend des études à Lyon en lettres classiques. « Je voulais répondre à cette question : qu’est-ce qui s’est passé dans l’Antiquité qui fait qu’on en parle toujours ? Je fais alors les études que j’aurais dû faire. » Sa deuxième compagne lui fait découvrir la littérature. Il écrit un texte sur la manière de gruger la SNCF qu’il envoie à un concours lancé par le magazine Cosmopolitan. Il ne gagne pas, pour des raisons morales, mais...

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