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Domaine étranger Après l’amour

novembre 2006 | Le Matricule des Anges n°78 | par Lucie Clair

Quand il ne reste rien de l’amour, rien d’autre que l’attachement et les rancunes, l’habitude et la sensualité, quand l’étincelle première a basculé sans embraser le cœur et sa tendresse ne restent que les corps enlacés comme des duellistes sur un ring, les esprits dressés comme des cobras dans un cercle de feu feu de glace selon Peter Weiss, dans l’une de ses premières fictions qui nous parvient inédite, au terme d’une double et longue traduction, puisque la version d’origine, datant de 1951, fut écrite en suédois, puis traduite en allemand en collaboration avec l’auteur en 1972. Tout comme Le Duel oscille entre deux langues, entre deux dates de naissances, Grégor hésite entre deux femmes : Léa, femme de verre aux élans mortifères, transparente, coupante, Janna, femme de terre, ancrée, puissante, aux yeux larges et profonds, amante d’Inez. Entre ces quatre personnages auxquels se greffent de temps en temps la figure torturée de l’exclu, le père de Janna, le mari de Léa se déroulent les étapes d’une lente et douloureuse confrontation à l’incertitude, de soi, de l’autre et de ses sentiments, ou encore de sa disposition ou sa capacité à être avec l’autre. C’est un décor de neige et de blanc, comme une feuille sur laquelle Weiss n’aurait écrit qu’une partie du texte, blanc rehaussé par le rouge de la passion et du sang.
Le Duel est un texte particulier, empreint d’onirisme, flirtant avec le surréalisme Weiss prénommera sa dernière fille Nadja nous laissant parfois saisi comme « quand on a vu un malheur, et que l’on fixe le sang de la victime, excité par ce déchargement de violence mystique et soulagé d’y avoir soi-même échappé. » Scènes intimistes en plongées suffocantes dans les abîmes du doute, des angoisses de l’être aux prises avec l’impératif de sa présence au monde. Et si cette présence ou du moins sa confirmation ne pouvait être atteinte que dans la confrontation ? Texte esthétique, annonçant le parti pris politique et artistique de l’auteur qu’il maintiendra toute sa vie, Le Duel est un court roman à la mécanique inflexible, qui broie les corps et les esprits laissant le cœur en jachère. Il est implacable, radical, brûlant. Sans doute aussi pour mieux nous laisser face à la violence de l’humain car les écrits de Weiss ont toujours été portés par un idéal moral surgi de sa confrontation au nazisme. Un hommage en creux, par défaut, aux grandes aspirations des cœurs conscients.

Duel de Peter Weiss - Traduit de l’allemand par Alban Lefranc, préf. de Mathieu Bénézet, Melville/Léo Scheer, 120 p., 15

Après l’amour Par Lucie Clair
Le Matricule des Anges n°78 , novembre 2006.
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