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Dossier Régis Jauffret
« Écrire avec ses terreurs »

janvier 2007 | Le Matricule des Anges n°79 | par Thierry Guichard

S’il se présente volontiers comme un « démolisseur », Régis Jauffret épouse cependant son époque en misant, à partir de nos peurs, toujours sur le pire. Une façon de faire du rire un bâton de dynamite. Et d’écrire contre, tout contre.

S’il se prête sans rechigner au jeu de l’interview, Régis Jauffret profite des questions qu’on lui pose pour lancer de longues phrases à l’assaut d’une pensée qui ne précède jamais, à l’entendre, l’acte d’écrire. Sorties de ses réponses, des anecdotes viennent servir de bases pour de nouvelles digressions, des enthousiasmes, des surprises ponctuées du geste de la main. L’homme passe sans cesse du vouvoiement au tutoiement interpellant avec le premier le public qu’il imagine entendre ou lire cet entretien se faisant, avec le second, le complice amical de celui qui l’interroge.

Vos romans cherchent-ils à raconter des histoires ou à faire la radioscopie mentale d’une époque, d’un monde ?
Je pense que les écrivains sont les plus mal placés pour dire avec quelque exactitude et quelque justesse ce qu’ils font. À chaque fois qu’un écrivain a parlé de ce qu’il écrivait exactement, de ce que signifiait son écriture, il s’est toujours trompé. Un cas d’école, c’est Balzac qui écrivait pour louer des valeurs qu’il a complètement détruites dans son œuvre. Je crois qu’à partir du moment où l’on crée de la fiction, on tombe à pieds joints dans la réalité. Il est très difficile d’écrire quelque chose qui ne serait pas dans le réel. Il n’y a que ça. Même les personnages qu’on invente sont des personnages réels. Ce sont des personnages qui ont existé, qui existent ou qui existeront. À mon avis, il est impossible d’imaginer l’inimaginable et l’invraisemblable.
La fiction obéit à une rigueur fondamentale. Tout manque de rigueur, toute erreur de calcul dans la fiction est fatale. S’il y a une erreur, la fiction s’écroule et l’image que peut projeter le texte n’apparaîtra jamais. L’écriture de la fiction, contrairement aux autres formes d’écriture, est un peu comme de la musique : s’il y a une seule fausse note, tout le morceau va s’écrouler. La fiction ne souffre pas d’erreurs. C’est une question de probité et d’honnêteté.
Il y a chez moi une impossibilité de projeter l’écriture avant qu’elle ne soit là. Je ne peux pas me mettre à écrire une histoire en me disant par exemple que ce sera une histoire d’homme-grenouille. Malgré ça, je ressens la nécessité d’une rigueur. Comme si une histoire était presque une démonstration mathématique. Un texte ne peut pas être autrement que comme il est au final. S’il y a une erreur dans un corps humain, il tombe malade et meurt. Je crois que la littérature est quelque chose de vivant. Il y a une sorte de chaos, mais dans ce chaos il y a une extrême rigueur pour que la vie apparaisse.

Vous ne répondez pas vraiment à la question. On peut lire des romans qui racontent des actions, des faits, voir des personnages pris dans une guerre par exemple. Chez vous, ce qui intéresse se joue dans le cerveau d’un personnage. Pourrait-on parler de littérature neuronale ?
C’est vrai qu’il y a une tentative de plonger dans les cerveaux. Comme si dans une foule les crânes étaient transparents et...

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