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Dossier Régis Jauffret
Il est tous les autres

janvier 2007 | Le Matricule des Anges n°79 | par Thierry Guichard

Écrivain des consciences dérangées, Régis Jauffret embrasse l’époque dans laquelle il vit et lui retourne le miroir ricanant de ses romans. Avec « Microfictions », il tend un épais kaléidoscope, parfois carnavalesque, de la condition humaine.

Difficile de ne pas se demander quel genre de bonhomme on va rencontrer quand c’est Régis Jauffret qu’on va voir. Parce qu’on a lu, par exemple, Autobiographie qui raconte à la première personne les tribulations d’un type prêt à coucher avec n’importe qui pour ne pas avoir à travailler. C’est le portrait d’un fou mis sur les rails de son destin par une logique implacable qui fait de lui un monstre. On a lu aussi Histoire d’amour qui relate comment un homme, le narrateur toujours, décide de tomber amoureux d’une femme aperçue dans un train de banlieue. Comment il va la suivre, la violer, tenter d’obtenir d’elle qu’elle se comporte en épouse, même après que celle-ci l’aura envoyé, un temps, en prison. Deux narrateurs dérangés en deux livres, on est encore loin du compte. Avec Clémence Picot, la folie change de sexe mais pas de cruauté : on a droit ici à un infanticide sanglant. L’imposant Univers, univers met la viande au four (un gigot), dans de beaux draps (le sexe est une mécanique entêtante chez Jauffret), sur le bitume (on se suicide beaucoup aussi). Ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir le prix Décembre. On comprend qu’Asiles de fous ait obtenu le prix Femina en 2005 : ces dames du jury ont dû prendre ce roman où l’on s’étripe conjugalement pour une chronique de leurs propres relations au sein du jury. Qui donc a lu Jauffret se demande toujours peu ou prou si l’écrivain n’est pas obligé de dicter ses tapuscrits à une secrétaire, entravé qu’il doit être dans une camisole de force.
Or, l’homme qui nous accueille dans son vaste appartement moderne du XIe arrondissement parisien affiche tous les aspects de la sérénité. L’homme n’attend pas grand-chose de la sortie de son nouvel et énorme opus puisque, dit-il, il a commencé à publier sans retour aucun. Il s’enthousiasme plus volontiers sur le projet de site Internet qu’il est en train de créer : un site de vidéos qui proposera des interviews de personnes connues ou inconnues ; une manière de rester peut-être dans son univers où les personnages qu’il a inventés ont fini par constituer une foule vivante.
Il faut vraiment tendre l’oreille pour s’apercevoir, après quelques heures d’entretien, que notre hôte laisse poindre un léger accent au détour de ses phrases. C’est que ce Parisien d’adoption est en réalité un véritable Marseillais.
Le Marseille de juin 1955 où il naît, n’est pas celui des cartes postales, des images d’Épinal ou de la télévision publique à l’heure de l’apéro : « Le souvenir que j’ai de Marseille, c’est une espèce d’éblouissement dû à la lumière qu’il y a toujours dans cette ville. On dirait qu’on vit dans une atmosphère où il fait toujours soleil. Quand il pleut, c’est comme un tsunami ou un tremblement de terre tant la pluie paraît monstrueuse. C’est la panique. Je n’ai pas l’image de Marseille qu’on a habituellement : le côté rigolo, galéjade. Le Marseille que j’ai connu n’était pas drôle. D’ailleurs ce qu’on trouve drôle à Marseille, il suffit d’en...

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