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Entretiens Tristes topiques

mars 2008 | Le Matricule des Anges n°91 | par Jean Laurenti

ric Chauvier écrit des textes inclassables à partir de son expérience d’anthropologue. Avec « Si l’enfant ne réagit pas », son deuxième livre publié chez Allia, il poursuit son voyage au cœur de l’étrangeté du quotidien, attentif à ce qui affleure à la surface des êtres.

Si l’enfant ne réagit pas

De son propre aveu, Éric Chauvier est venu à l’anthropologie par passion pour l’écriture. Son « terrain » d’enquête du moment, ce sont les zones dites à risque industriel. Il recueille la parole de celles et ceux qui vivent et travaillent dans ces lieux. Le chercheur pratique l’immersion : il prend le temps d’observer, d’écouter, de rassembler un matériau qui permettra d’accéder à une lecture renouvelée de la réalité sociale. Après deux ouvrages de science sociale (parus aux Presses Universitaires de Bordeaux et chez William Blake), il a publié en 2006 un texte sobrement intitulé Anthropologie : ayant à plusieurs reprises aperçu une mendiante rom à un carrefour, il s’attachait à son histoire sur laquelle il ne disposait d’aucun élément, excepté ce qu’il avait pu capter de son regard, lorsqu’il lui faisait l’aumône de quelques pièces de monnaie. La fascination pour cette jeune fille, avivée par sa disparition avant qu’il ait pu véritablement l’aborder, amenait l’auteur à s’engager dans une enquête fort éloignée des protocoles préconisés en science sociale. Si l’enfant ne réagit pas est lui aussi construit autour d’une enquête menée dans un centre fermé pour adolescents en grande difficulté. Le livre, presque entièrement nourri de la première soirée passée dans ce lieu, se focalise sur une jeune pensionnaire dont la voix étrange, désincarnée le trouble et le fascine. Trouble et fascination qui devront être analysés à l’aune de l’histoire personnelle d’Éric Chauvier. Aussi le livre se construit-il dans un aller-retour permanent entre observation, écoute, hypothèses, tâtonnements… L’interprétation est un édifice complexe sans cesse à rebâtir. Celui qui avance sans certitudes accepte d’être lui-même questionné, bousculé, déstabilisé par ce que produit en lui tout ce qu’il reçoit. Dans ses livres, qui ne sont ni des carnets d’enquête ni des journaux de bord, Éric Chauvier parvient à restituer ce mouvement de la pensée. L’expérience d’écriture qui le porte se joue des frontières entre les champs de la littérature et des sciences humaines. C’est aussi ce dépassement réussi que l’on voudrait saluer.
Dans Anthropologie, votre livre précédent, on vous voyait captivé par le regard d’une mendiante. Dans Si l’enfant ne réagit pas, c’est la voix d’une autre adolescente qui vous happe, vous submerge. Pourquoi le sensoriel, le subjectif occupent-ils une telle place dans la démarche du chercheur que vous êtes ?
C’est du sensoriel et du subjectif, mais toujours dans le registre de l’anomalie, du trouble. Dans Anthropologie, j’appelais ça « impression de familiarité rompue ». Dans ce nouveau livre, je parle de la même chose. Le déclencheur de l’enquête et donc du livre, c’est ce trouble. Qui dit trouble dit carence de langage : il n’y a pas de mots à mettre sur ce qui se passe. Le travail va consister à ramener des mots là-dessus. Le subjectif, le sensoriel interviennent dans la rupture de l’ordinaire : on attend quelque chose qui ne se produit pas....

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