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Histoire littéraire Souvenirs de la cour d’assises

mars 2009 | Le Matricule des Anges n°101 | par Thierry Cecille

Souvenirs de la cour d’assises

Fils et neveu de juriste, Gide a toujours été passionné par la question de la justice. En mai 1912, le sort le désigne et il participe, pendant douze jours, à une session de la cour d’assises de Rouen. Il y prend de nombreuses notes. Un an plus tard, alors qu’il vient d’achever Les Caves du Vatican (rappelons-nous le crime grotesque et cruel de Lafcadio et sa théorie de l’« acte gratuit »…), il reprend ces notes et écrit ces Souvenirs. Il semble donc que nous lisions un simple compte-rendu mais avec Gide rien n’est jamais simple ! En vérité il s’agit bien d’un livre composé avec soin : les notes sont choisies et retravaillées, la chronologie des audiences est bouleversée, certaines affaires passent à la trappe tandis que d’autres sont mises au premier plan. Le but est de dénoncer les fragilités et les abus de ce système mais aussi, plus profondément, de rendre « l’angoisse » qu’il a dû affronter, celle de devoir juger. « Seul intellectuel, ou presque », parmi les jurés (dont certains sont presque analphabètes), Gide craignait leur « hostilité » bien au contraire ils suivront parfois ses conseils, iront jusqu’à insister pour qu’il accepte la présidence.
C’est que tous sont démunis face aux affaires qu’on leur présente : pédophilie, escroqueries, agressions ce sont bien là les crimes d’ « hommes infâmes » (comme disait Foucault) : ceux qui se sont laissés prendre dans les mailles du filet mais qui pourtant ne sont guère différents des honnêtes gens. Les moins coupables ne sont pas les plus habiles, l’usage de la rhétorique pourra valoir au plus retors la considération d’un juge ou la complicité amusée des jurés… Le verdict doit parfois ruser avec le code, il faut doser avec une sagesse improvisée les circonstances, atténuantes ou aggravantes : des vies en dépendent. Comment supporter ensuite la responsabilité du jugement auquel on a collaboré ? Un des coupables attire la pitié de Gide, mais il ne parvient pas à le défendre : à l’issue du procès, il s’entremet en sa faveur et obtient une remise de peine.

SOUVENIRS
DE LA COUR D’ASSISES

d’ANDRÉ GIDE
Folio, 127 pages, 2

Souvenirs de la cour d’assises Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°101 , mars 2009.
LMDA papier n°101
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