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Dossier Bernard Wallet
La guerre n’est pas finie

février 2016 | Le Matricule des Anges n°170 | par Thierry Guichard

Publié par Gallimard pour la première fois en 1992, Paysage avec palmiers est un livre dont le titre pourrait servir de sésame. Il suffit de le citer pour que ceux qui l’ont lu vous fassent un signe de reconnaissance. Les lecteurs de Paysage avec palmiers savent, s’ils se rencontrent, qu’ils ont chacun cette faculté à affronter le désastre, ou du moins, à vouloir le saisir, le nommer. Ils attendent de la littérature qu’elle les porte au cœur d’une expérience qu’ils n’ont pas eu à vivre, mais qu’ils accueillent d’autant plus volontiers qu’elle dit de l’humanité ce que les bonnes âmes tentent de taire. Fait de textes courts, parfois aphoristiques, le récit fragmentaire égraine les choses vues, entendues, lues ou pensées durant les neuf ans que Bernard Wallet fréquenta la guerre au Liban et son inventivité cruelle. Sur le chaos, l’écrivain a décidé de poser une langue classique, pesée au trébuchet, sans afféterie mais pas sans efficacité. C’est une mise à plat de l’abyme, tendue comme une toile d’écran de cinéma afin que chaque détail prenne place dans l’esprit du lecteur. Ainsi des corps que le narrateur trouve au détour d’une rue : « Une mère, le coude déchiqueté par l’une des balles qui ont dévasté son corps, n’a pu ébaucher le même mouvement protecteur que son compagnon. Il repose quelques mètres plus loin, son bras recouvrant le cadavre de son petit garçon. » Le mouvement de la phrase fait de cette nature trois fois morte une scène animée ou c’est sans cesse que l’on abat une mère, un père et un fils. Mis bout à bout, les fragments reposent sur un tapis de silence – le blanc de la page – qui donne une résonance à chaque événement en même temps qu’il offre une épaisseur temporelle. Il y a quelque chose de l’inscription funéraire dans ces notations. Aux pires visions, le texte offre aussi, en miroir, des moments futiles, moments de vie suspendus entre la violence froide et la beauté cruelle : c’est « une grosse femme en tailleur bleu pâle (qui) époussette au plumeau les lustres exposés dans sa boutique de cristal, rue Alfred-Naccache » qui cohabite, deux pages plus loin, avec « un sac poubelle en matière plastique (qui) a été déposé devant la porte de l’appartement de Mme Awad. À l’intérieur du sac, le cadavre dépecé de son fils. » La vie naît de là, de ses contrastes violents autant que d’une manière de dire le plus justement possible une réalité intenable, que d’aucuns auraient eu tendance à spectaculariser et à en effacer l’insoutenable. Le plus souvent, celui qui parle, garde sa position de témoin, mais parfois l’écrivain dit « je » et c’est alors une forme de fascination que l’on entend : « j’écris pour quitter Beyrouth » précède alors un « Beyrouth me manque » qui fait penser à la dernière scène du film Démineurs de Kathryn Bigelow. On n’est jamais aussi vivant que quand on se sent en danger de mort.

Paysage avec palmiers
Tristram, « Souple », 110 pages, 7,95 JbrJ...

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