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Domaine français Les Brasseurs de la ville

avril 2016 | Le Matricule des Anges n°172 | par Julie Coutu

Les Brasseurs de la ville

Brasser la ville, survivre au jour le jour. À Port-au-Prince, on se débrouille. Un père maçon, une mère vendeuse de serviettes sur les marchés, cinq enfants : pour dire le quotidien de cette famille haïtienne, Evains Wêche croise les voix des parents, entre désespérance et aspirations à un meilleur façon rêves de midinette : « Si ça se trouve Babette sera un jour Shakira ».
Evains Wêche écrit vite, sans effets de style, un texte comme on parle, comme on vit, à la fois gouailleur et fataliste. On parle beaucoup, on rit, on fait avec les maux du jour contre mauvaise fortune bon cœur. Sans édulcorer la réalité, triviale : « Aujourd’hui, c’est tout le peuple qui se putanise. J’en sais quelque chose. Parfois, si je ne me donnais pas au voisin, la chaudière ne monterais pas le feu. » Quand l’aînée Babette, porteuse de tous les espoirs de la fratrie, rencontre un riche vieux beau, c’est la chance qui frappe à la porte. Tant pis si la rumeur enfle au sujet de la nouvelle « Barbie d’Erickson ». La famille quitte les bidonvilles pour une maison sur les collines. Mais la désunion est en marche : le pseudo conte de fées s’avère conte cruel. Babette putanisée, c’est toute la famille qui se délite. Ses frères quittent la maison, les parents s’ignorent. Aux regrets du père qui n’a pas agi font écho les rêves de la mère : « J’aspire à une vie heureuse, une villa à flanc de colline, loin de la pollution, de la misère, des pauvres en guenilles ». Elle va payer ses envies le prix fort.
Evains Wêche raconte un pacte avec le diable. Une histoire d’amour qui s’enfuit, de culpabilité et de lâcheté, dont il semble impossible de s’extraire. Parce qu’il est surtout question de destinée. Et qu’à Port-au-Prince, elle semble toute tracée, selon qu’on est ou non né du bon côté de la ville. C’est là le drame.


Julie Coutu

LES BRASSEURS DE LA VILLE
D’EVAINS WECHE
Philippe Rey, 192 pages, 17

Le Matricule des Anges n°172 , avril 2016.
LMDA papier n°172 - 6.50 €
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