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Dossier Jorge Luis Borges
Mythe et représentation

novembre 2018 | Le Matricule des Anges n°198 | par Guillaume Contré

Dans un essai récent, l’universitaire Julio Premat replace Borges dans son « argentinité » en soulignant à quel point son universalité s’ancre dans une mythologie locale qu’il aura su modifier, voire inventer à son propre bénéfice, devenant ainsi l’ADN des lettres australes.

Julio Premat, votre livre propose au lecteur français une approche plus argentine de Borges. Croyez-vous qu’on l’ait lu trop partiellement ?
Il y a d’excellentes lectures de Borges en France, mais je voulais souligner à quel point il est devenu le noyau d’un esprit littéraire argentin pas forcément perceptible ici. La critique française le lit depuis ses propres préoccupations, de même que les Latino-Américains ont lu Faulkner en ignorant des aspects spécifiques au sud des États-Unis. On dit un peu toujours la même chose sur Borges : la métaphysique, la mort de l’auteur, l’intertextualité, des éléments qui occupent une place très importante dans l’histoire de la critique française.

Ses premiers écrits portent la marque nostalgique d’une Argentine qu’il n’a pas connue, peut-on y voir une volonté fondatrice ?
On ne peut comprendre Borges sans son besoin de fonder une littérature et une tradition pour pouvoir exister en tant qu’écrivain. L’Argentine du XIXe siècle qu’il décrit est une récupération du mythe que le nationalisme venait de fonder. Lorsqu’il se met à écrire, dans les années 20, l’opération de mythification du gaucho vient d’avoir lieu, en parallèle à l’arrivée massive d’immigrants. Il tente aussi de créer un deuxième mythe, celui de la ville de Buenos Aires. Ces opérations mettent en jeu la nécessité de s’inventer un passé, un geste très américain. Il y a là quelque chose d’une relation irrévérencieuse, la tradition conçue comme une pâte à modeler ; on trouve la même chose chez Walt Whitman. Dans son essai L’Écrivain argentin et la tradition il s’oppose radicalement au discours nationaliste. Il conteste l’idée d’une tradition nationale unique ; il délimite une position pour l’écrivain, qui peut fabriquer son passé sans souffrir les conditionnements que le nationalisme essaie d’invoquer. C’est la grande opération de modernisation de la littérature latino-américaine. D’abord, c’est Rubén Darío qui sort la poésie latino des carcans romantiques et localistes pour en faire un langage universel ; puis c’est Borges qui dit qu’on peut aborder tous les sujets et que la question de l’identité nationale est une fausse question. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir le souci constant de placer l’Argentine et les faubourgs de Buenos Aires au centre de l’univers. Borges fait de la pampa l’équivalent des grands chronotopes de l’histoire de la littérature ou de l’Antiquité. Une mégalomanie discrète et habile qui considère que les Argentins sont à la hauteur des grandes pages de l’histoire universelle.

En réalité, il ne cesse de fabriquer son propre mythe, non ?
On dit que la biographie de Borges fait partie de son œuvre, qu’en écrivant il a fabriqué un grand récit de lui-même. Pour moi, il s’agit plutôt de la question de comment devenir écrivain. Il en a fait un récit mythique dans une vie où, comme il ne cessait de le dire, rien ne lui est arrivé. Le grand événement de sa vie, c’est devenir écrivain....

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