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Dossier Gabrielle Wittkop
Danse macabre

novembre 2020 | Le Matricule des Anges n°218

Entre gothique et grand-guignol, Gabrielle Wittkop a créé un univers dédié à Sade où nul ne mérite de survivre. Meurtres raffinés et morts douloureuses, celle qui se rêvait tigresse ou harpie n’épargne personne et connaît assez les poisons pour les dispenser allégrement. Double parution : Les Héritages et Hemlock.

Pour cause de centenaire, il y aura un jour peut-être une plaque de bronze apposée à la façade de l’hôtel Lenox rue Delambre à Paris. On y lira « Gabrielle Wittkop (1920-2002), écrivain, descendait dans cet hôtel. » En vérité, la romancière, essayiste et nouvelliste consentait à poser ses valises à l’hôtel d’Angleterre, rue Jacob, célèbre pour avoir hébergé le jeune Hemingway, lorsque le Lenox se refaisait une beauté. 2020 est aussi le jubilé de l’Allemand Paul Celan (1920-1970) – dont on a négligé de marquer le double centenaire de la naissance et cinquantenaire du décès – et de la Brésilienne Clarice Lispector (1920-1977), la splendide chroniqueuse de La Découverte du monde, parmi tant d’autres livres magnifiques dont les éditrices (Des Femmes) occupent un bâtiment sur cour dans ladite rue Jacob. À un jet de pierre du Procope, le café de Voltaire, d’Alfred Poussin, de Benjamin Franklin et, désormais, de Gabrielle Wittkop, où se remarquait vite l’allure d’Anglaise excentrique qu’elle soignait, toujours heureuse d’estomaquer les clients d’une provocation à la cantonade. Fait du hasard, Gabrielle Wittkop partage avec ses deux confrères un attachement à Paris – ils y ont tous vécu et Gabrielle connaissait bien l’histoire de la ville à propos de laquelle elle a écrit. Comme Celan, elle avait aussi, par la force problématique des choses, un double ancrage franco-allemand. Et son interrogation sur son genre était le même que celui de la Brésilienne à la masculinité assumée. Mais l’état civil ne laisse flotter aucune ambiguïté : c’est bien une fille qui est née sous le nom de Marguerite Marie[-]Louise Gabrielle Ménardeau. Pour le reste, état civil et archives de Nantes sont perplexes : pas d’acte de naissance à ce nom au 27 mai 1920… Il faudra chercher ailleurs, ou à une date différente. La coquetterie de l’imprécision, banale chez les écrivains qui se plaisent à troubler les repères, n’est pas pour surprendre. D’ailleurs, Gabrielle Wittkop est-elle née vraiment ? Lorsqu’elle se rêve en harpie, il nous faut entendre qu’elle n’entend pas respecter le cycle universel de la vie humaine, triste apanage, quoi qu’elle en ait si obstinément fouillé les ombres…
Enfant, déjà, elle a été confrontée à la mort, et dans des circonstances mémorables : son oncle, président de la chambre de commerce de Nantes (par conséquent Charles Vuillemin ou Émile Cormerais), meurt en épectase, un vieux balai à chiottes enfoncé dans l’anus, et c’est bien elle qui le précise dans Les Holocaustes, au domicile familial. La petite assiste à l’ouverture des lieux par les deux fils de la victime. Plus tard, alors qu’elle a 9 ou 10 ans, sa mère meurt. Une perte mineure apparemment car l’amour maternel ne fut pas la caractéristique essentielle de sa génitrice qui aurait lancé au moment de sa libération : « – Je ne veux pas la voir, emportez-la. » Frappée de cette disgrâce, Gabrielle a répété souvent l’épisode ajoutant à la citation de ce moment étrangement peuplé un flot des...

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