La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Théâtre Vivaces

mai 2025 | Le Matricule des Anges n°263 | par Laurence Cazaux

La pièce met en jeu deux personnages : Alice, une jeune femme et Lucienne, sa grand-mère paternelle qu’elle n’a pas connue. Comme l’indique l’auteure, les deux femmes habitent un espace-temps différent. D’un côté, en 2025, Alice vide la maison de Lucienne. De l’autre, seule dans la chambre d’un Ehpad, ou dans un espace mental, Lucienne parle, dans un flot de paroles peu ponctué. Seuls quelques points d’interrogation interrompent ses monologues. Alice en revanche s’exprime avec des phrases courtes, rythmées, énergiques. Le troisième personnage de la pièce serait la maison de Lucienne qui recèle un bout de l’histoire familiale, de ses secrets. « Ma maison me peuple/ Elle m’habite/ Je peux pas vivre sans », glisse Lucienne. Alice, elle, découvre une « charmante maison cœur de bourg./ Façade extérieure à rafraîchir/ Intérieur à rafraîchir aussi d’ailleurs. Volets à changer, fenêtres à changer, l’air s’engouffre de partout, c’est ça qui fait son charme. » Une brouille familiale dont Alice ne connaît pas les raisons a fait de Lucienne celle « à qui on ne parlait plus. De qui on ne parlait pas. » La maison est restée fermée presque dix ans. En parcourant les différentes pièces, en ouvrant les placards, les boîtes, en regardant les photos, en déchiffrant les lettres, Alice commence un dialogue avec celle qui n’est plus là. Elle imagine la vie de sa grand-mère, fait des hypothèses et ressent une forme de présence. « On se rapproche. Non ? Est-ce que je suis folle ? Est-ce que je suis la seule à la sentir ou est-ce que toi aussi, tu le ressens un peu ? »
Vivaces est une pièce à trous, à manques, à absence. Les questions restent en suspens. Il s’établit juste cette communication invisible entre vivants et morts, qui peut se déclencher au moment de l’éclosion d’une fleur, Alice imaginant que la fleur survit à la personne qui l’a plantée. Vivaces est une pièce infiniment délicate, qui nous touche intimement. En effet, nous sommes accompagnés pour la plupart d’entre nous, de fragments de nos ancêtres peuplant certains endroits secrets de nos maisons.

L. Cazaux

Vivaces, d’Azilys Tanneau
Lansman, 48 pages, 11

Le Matricule des Anges n°263 , mai 2025.
LMDA papier n°263
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°263
4,50