La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Le Rubempré minervois

septembre 2025 | Le Matricule des Anges n°266 | par Thierry Guichard

Issu d’une famille d’immigrés espagnols adorateurs de Staline, Gilles Moraton a grandi dans un petit village du Minervois au nord de Narbonne. Famille modeste, maison sans salle de bains. Dans son nouvel opus, l’écrivain aborde une thématique finalement très présente dans la littérature actuelle (on pense au très beau Le Visage tout bleu de Patrice Robin) : celle du transfuge de classe. Ou ce que cela provoque (de la fierté au sentiment de trahison) de gravir les marches qui conduisent aux classes supérieures. Il le fait ici dans un livre fragmentaire, autobiographique, avec une nonchalance légère qui tient lieu de pudeur. Parler de soi, ok, mais sans se prendre au sérieux. Il interpelle le lecteur, s’excuse de la répétition du mot « immense » quand il parle de sa découverte de Barcelone. Il réduit l’inégalité subie en aphorisme euphémistique : « Personne à la maison n’a jamais vu de fjord norvégien. » Il se Buster Keatonise quand il évoque ses premiers émois amoureux, pris par la beauté de jeunes filles qui vivent, elles, dans des maisons avec salle de bains. C’est tendre et drôle quand il évoque l’enfance, les parents : quand il entre à la fac sa mère le voit déjà « Professeur. Quand elle prononçait le mot, on entendait la majuscule. » Même les charges contre la bourgeoisie ou le capitalisme avancent des arguments primesautiers, pour rester légers, ne pas déranger. L’écrivain use de l’humour comme d’un cache-sexe pudique posé sur les poings serrés, les humiliations que les pauvres portent comme des blessures de guerre.
On aimerait parfois qu’il jette l’humilité aux orties pour faire montre de l’arrogance des justiciers. Après tout, il n’est pas donné à tout le monde d’être fils de communistes. Mais on sourit, dans la complicité amicale que le texte, peu à peu, impose.

T. G.

Transfuge, de Gilles Moraton
Éditions Maurice Nadeau, 95 pages, 17

Le Rubempré minervois Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°266 , septembre 2025.
LMDA papier n°266
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°266
4,50