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Poésie Juliau, l’œuvre ouverte

novembre 2025 | Le Matricule des Anges n°268 | par Emmanuel Laugier

La première moitié de l’aventure de La Face nord de Juliau, de Nicolas Pesquès, constituée de dix livres (sur dix-neuf), reparaît en un seul volume. Une somme comparable au travail de Cézanne autour de la Sainte-Victoire. Unique dans le champ de l’écriture, exceptionnelle quant à ce qu’elle scrute de l’expérience entre langage, mémoire et choses vues.

La Face nord de Juliau (livres 1 à 10)

Le premier livre publié par Nicolas Pesquès paraît en 1988 (début du second septennat de Mitterrand). Il a d’abord été le fruit de trois ans de travail (1980-1983), il s’appelle La Face nord de Juliau (mont ardéchois du Bas-Vivarais, près d’Alba-la-Romaine, de 553 mètres d’altitude), est sous-titré « Tombeau de Cézanne » ; et celui de plusieurs années de patience (Louis-René des Forêts l’a d’abord soutenu face au comité de Gallimard, en vain, juste avant de quitter la maison). André Dimanche sera donc le premier éditeur et celui des neuf livres suivants. Les Juliau échelonnent leur travail sur presque trente ans, sont publiés entre 1988 à 2011, en sept volumes. Les tomes 1, 2, 5, 6 et 7 paraissent en volumes séparés, le 3 et 4, puis les 8, 9 et 10 en volumes groupés. La pagination, du J1 au J10, alterne entre 33 pages et 176 pages pour le plus massif d’entre eux. Les deux premiers ont la structure du journal daté, ils se construisent pas à pas autour du motif de cette colline dénommée. Il faudrait même plutôt dire que ces deux opus posent les bases, souvent réfractaires, sarmenteuses, de ce que sera l’élan Juliau, mais depuis des faisceaux multiples de motifs. Pour exemple ceci du 4 septembre 1992 : « Gommée sitôt que le soleil monte, une fine couture très droite est devenue lisible cet été ; partant du replat central, elle rejoint la crête à 45° ». Ou encore ceci, fouet claquant de la phrase à tête chercheuse : « le corps d’un coup presque sur la chose, tirant le vert, piégeant la prairie dans la maille du poème ».

« la colline revient avec ses masques neufs/durcis dans la visibilité »

Pour leurs formes, les couvertures de chaque livre sont variables, mais toujours méthodiquement choisies par l’auteur, à l’exception de deux d’entre elles. Elles se distinguent par une Juliau peinte par Gilles Aillaud (J1), des dessins figurant ses projets, leur tendance, leurs biais, leur axiologie : celui de Myonghi (J3-4), ceux de Bernard Moninot (J5 et J6), et de Paul Wallach (J7). Une rêverie, avant d’ouvrir chaque livre, en préfigure presque le contenu, selon que le dessin encre de jets bleu-nuit Juliau, y projette en une installation paysagiste les lettres du mot « SURJAUNE », etc. On le perçoit, la simple description de chaque projet-livre élimine le hasard de l’aventure Juliau, du moins en apparence, car tout ne sera en fait jusqu’à la fin qu’aventure et hasard rejoué. C’est qu’il s’agit toujours de « sortir par un projet du domaine du projet  », pour reprendre une phrase d’un livre de Bataille que Pesquès convoque et infléchit en forgeant le concept « d’expérience extérieure » (J18).
Voilà posées les modalités de conduction, de pugnacité, de reprise, dont se bâtissent les extraordinaires fabriques de La Face nord de Juliau, dans un contexte (début 1980) où l’auteur se situe entre les héritages de Jacques Dupin, du Bouchet ou Jean Tortel et les apports radicaux d’Emmanuel Hocquard ou d’Anne-Marie Albiach, celle de la...

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