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Poésie Diversité espagnole

juin 1995 | Le Matricule des Anges n°12 | par Emmanuel Laugier

450 pages, 45 ans (1945-1990) de poésie espagnole, 34 poètes, pour une anthologie en forme de traversée d’un panorama éclectique…

Poésie espagnole 1945 - 1990

Cette anthologie de poésie espagnole ne peut aller sans oubli, donc sans un choix arbitraire. Il n’y a pas, en effet, une poésie, mais des poésies, non quelques courants précis, mais des poètes. Trente-quatre d’entre eux partagent donc ce livre, du surréaliste José Hierro aux positions de la dernière génération, et de Barcelone à Madrid, en passant par Valence, Grenade, Cordoue, Séville et Cadix.
A peine sortie de la guerre civile, faisant le deuil de l’assassinat de Garcia Lorca et de la mort en 1942 dans le bagne franquiste d’Alicante de Miguel Hernandez, l’activité poétique, dans l’immédiate après-guerre, est foisonnante. Le nombre des revues en témoigne : José Hierro, qui ouvre l’anthologie, fonde en 1942, à Valence, la revue surréalisante « Corcel » (Coursier), à l’extrême sud Carlos Edmundo de Ory redonne toute sa vigueur à la revue « Faccíon surrealista española de Tenerife » (Faction surréaliste espagnole de Tenerife). Loin de Barcelone et de Madrid, Pablo García Baena, quant à lui, crée à Cordoue, en 1947, « Cántico », qui se réclame en partie de Luis Cernuda et qui se veut volontairement intimiste. La fameuse revue « Espadaña », elle, marqua par sa tendance « réalisme dur » toute la « génération 50 ». Six des cas les plus atypiques du groupe 50 sont ici représentés : José Manuel Caballero Bonald, José Maria Valverde, Carlos Barral, José Augustín Goytisolo, Jaime Gil de Biedma et Antonio Gamoneda. Ils échappèrent finalement aux slogans de la poésie sociale, alors partagée par ce groupe comme la seule issue face au franquisme. Les Revenants (1959) de Jaime Gil de Biedma en est l’exemple fulgurant. Parlant des exclus il dit : « comme je retournais chez moi…une femme /s’affaissa à mes côtés en se repliant sur elle-même, en silence /et avec une incroyable lenteur ». Gamoneda, lui, fut découvert tardivement, en 1977 avec son recueil Description du mensonge, poèmes litaniques, mélancoliques, qui doivent beaucoup au symbolisme de Valéry. Avec José Angel Valente, de même génération (poète métaphysique), Pere Gimferrer et Guillermo Carnero (chefs de file en 1970 des poètes « novísimos », en rupture avec le « réalisme monocorde ») il compte parmi les grands de la poésie espagnole. Enfin, en plus de quelques autres « novísimos », comme Vicente Molina Foix, Antonio Martínez Sarrión, tous préoccupés par l’invention de nouvelles formes poétiques (citations, collages, influence de la B.D., du théâtre, du rock, du cinéma, etc.), souvent rhétoriques, décadents, baroques, la poésie minimaliste de Jaimes Siles et Andrés Sánchez Robayna est une nouvelle respiration, plus nette et sans fioritures. Il faut ajouter à cela cinq poètes de la dernière génération : en opposition avec le formalisme avant-gardiste des « novísimos », ils se démarquent par leur existentialisme (José Gutiérez), leur romantisme (Luis García Montero) ; font place aux séductions de la poésie (Felipe Benítez Reyes), aux émotions obsessionnelles (Esperanza López Parada), sentimentales (Luis García Montero) ou encore à un expressionnisme surréalisant (Luisa Castro). Jusqu’alors, en France, les anthologies consacrées à la poésie espagnole (1), étaient toujours confidentiellement connues. Gageons que cette nouvelle anthologie -publiée par une grande maison d’édition- servira de référence et bénéficiera d’un écho plus large, même si on peut regretter l’absence de l’explosive Blanca Andreu et de Jorge Riechmann (2).

Poésie espagnole 1945-1990
Anthologie préparée et traduite
par Claude de Frayssinet
Actes Sud/éditions Unesco
450 pages, 198 FF

(1)Hormis La poésie espagnole contemporaine, 1945-1975 (Seghers 1977)

(2) A noter le supplément N°16, D’une Espagne à l’autre, de la revue belge Source : 53 poètes, de l’après-guerre à aujourd’hui (Maison de poésie, rue Fumal 28, B-5000 Namur - Belgique), 100 FF.

Diversité espagnole Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°12 , juin 1995.