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Entretiens Vassilis Alexakis : croquis d’un Grec

novembre 1995 | Le Matricule des Anges n°14 | par Christophe Kantcheff

La Langue maternelle, le roman le plus grec de Vassilis Alexakis, ressemble à un tableau impressionniste. Sur la toile : une lettre sans signification, une mère disparue, des paysages dans le brouillard. Bref, de l’impalpable, montré de main de maître.

La Langue maternelle

C’est en haut d’un immeuble du XVe arrondissement de Paris. Impossible de se tromper de palier : la porte est bleue, d’ « un bleu marine très vif », une couleur que Vassilis Alexakis, comme il le raconte dans son autobiographie, Paris-Athènes, a eu du mal à trouver à Paris où se vendent de préférence des bleus ternes. On sonne. Vassilis Alexakis était en train de travailler à la version grecque de La Langue maternelle, un air d’opéra en fond musical. Autre musique : son accent donne à sa voix de chantantes intonations, qu’on peut régulièrement entendre aux Papous dans la tête et aux Décraqués chaque jour à 13h30 sur France-Culture. L’entretien va s’engager, entrecoupé de tasses de cafés à remplir, de pipes à rallumer, et par un coup de téléphone en provenance d’Athènes.

Comment est né La Langue maternelle ?
J’étais à Athènes. Je ne savais pas quoi faire. Je me demandais quel serait le sujet de mon prochain livre. J’ai commencé à raconter une journée sans grande importance passée chez un ami qui faisait une fête pour Pâques. Cela m’amusait vaguement mais je n’en voyais pas vraiment le sens. Il y avait aussi le E de Delphes qui me revenait à l’esprit. Je n’avais même pas visité Delphes. Cependant, cette histoire d’epsilon qui ornait, seul, l’entrée du temple où se trouvait la Pythie de Delphes m’intriguait. Du coup, j’ai introduit une inscription qui rappelle au narrateur, quand il est chez cet ami, la lettre E. Je me suis dit : ou c’est un début de roman ou ce n’est rien du tout. Je n’ai été convaincu de faire le livre que petit à petit, chapitre après chapitre, toujours en hésitant, en me demandant comment j’allais utiliser cette lettre. Ça me paraissait à la fois fascinant et incroyable de faire un roman sur une lettre de l’alphabet. Le sujet d’un livre est valable à mes yeux lorsqu’on découvre, en fouillant tout autour, des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé. J’ai ainsi eu l’idée que le E puisse être lié à une faute d’orthographe, ou à un tas de mots et donc à toute la langue. J’ai même eu l’idée qu’on puisse penser sa vie sous l’angle d’une lettre de l’alphabet. J’ai aussi lu des livres que je n’aurais jamais lus : l’Iliade, surtout en grec ancien, ou Posanias, qui est ennuyeux à mourir, mais par-ci par-là il y a des choses vachement jolies…

Le E vous a aidé à relancer le récit ?
Oui, le E a été une sorte de guide qui attendait que je l’oriente. J’avais un peu l’impression de regarder mes pas en me demandant : où vont-ils ? Quand j’ai commencé le chapitre où le narrateur est à Delphes -c’est la fin du livre-, j’avais des notes, des idées, mais je n’étais absolument pas sûr de trouver une issue, ou d’utiliser l’impossibilité de trouver une issue comme une autre issue. Pour Paris-Athènes il y avait moins d’angoisse sur ce plan-là car il s’agissait de ma vie. Je n’avais pas d’aboutissement à trouver du même genre. S’il y a une similitude entre les deux livres, c’est que ni l’un ni l’autre n’ont...

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