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Entretiens La vie ordinaire selon Marie Ndiaye

septembre 1996 | Le Matricule des Anges n°17 | par Xavier Person

Marie Ndiaye écrit des romans singuliers, étranges, étrangement familiers. On s’y transforme notamment en bûche, en escargot ou en oiseau. Rien que de plus normal, comme l’écrivain aimerait parfois nous le laisser penser. Entretien dilettante.

Quant au riche avenir

La Sorcière

Marie Ndiaye vit un peu à l’écart. Pour la rejoindre, prendre le train à la gare Saint-Lazare, descendre à Lisieux et se laisser conduire sur les riantes routes normandes jusqu’au village où dans une maison de la rue principale elle réside avec sa petite famille. Embrasser les enfants (se sentir légèrement idiot d’être venu les mains vides). Rejoindre Marie dans la cuisine. D’accord, on fait l’entretien et après on va voir la mer. Le temps de mettre le rôti au four et on se retrouve assis sous la tonnelle au fond du jardin. Le père des enfants bricole une splendide bicyclette rouge. La première question pourrait être du genre : Marie Ndiaye, pouvez-vous nous dire ce que cache votre sourire, votre désarmante gentillesse et cette douceur si manifeste dans votre voix ? En fait, on est intimidé.
Lorsqu’elle fit paraître Quant au riche avenir1 en 1985, Marie Ndiaye avec ses dix-sept ans faisait figure de jeune prodige. Mais l’étonnement ne tenait pas qu’à son âge. Quelque chose dans ce livre et dans les suivants surprenait. Ses très grandes phrases impeccables, ses trop belles phrases ne donnaient l’impression d’un classicisme que pour mieux nous faire basculer dans la tourmente des consciences agitées de ses personnages, dans le labyrinthe de leurs obsessions, de leur paranoïa. On se demandait vraiment ce que cachait tant de douceur apparente.

Ce qui d’abord frappe à vous lire, c’est l’amplitude de votre phrase, ses nombreuses bifurcations en incise. Comment cette phrase a-t-elle pris naissance ?
Dans mes premiers livres, c’était très clairement l’influence de Proust et de James. Mais cette phrase ne m’intéresse plus du tout maintenant. Je n’aime pas la retrouver chez les auteurs que je lis. Je crois qu’elle a changé dans mes derniers livres. C’était beaucoup trop une phrase de bonne élève, une phrase exemplaire.

Il y a de l’ironie dans cette phrase. Comme une exagération syntaxique, un peu parodique.
Je crois que j’aurais tendance à écrire comme ça spontanément. Par exemple, la phrase assez longue dans la première phrase de La Sorcière, elle est venue d’elle-même, un peu malgré moi. Je l’ai laissée, mais je n’avais pas envie que ça se reproduise plus loin. Je me surveille là-dessus. Je n’ai plus envie de montrer que je suis une bonne élève en grammaire. Il y avait là un côté exhibitionniste.
Cette virtuosité grammaticale ne semble pas si néfaste. C’est un grand plaisir de lecture que de suivre le déroulement de la phrase. C’est très musical.
À l’époque, je ne m’en rendais pas compte. Je n’aime pas l’idée d’une littérature élitiste. Ça ne peut pas être un but en soi. Je préfère faire des livres que ma grand-mère puisse lire avec plaisir, sans difficultés trop grandes. Pour moi, la phrase de mes premiers livres relevait du pastiche.
Ce que je revendique, c’est la distorsion dans le contenu, dans cette opposition entre le réalisme et l’irréalité, entre les scènes domestiques et...

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