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Dossier Ismail Kadaré
Ismail Kadaré, l’homme de pierre

janvier 1999 | Le Matricule des Anges n°25 | par Eric Naulleau

Un talent inversement proportionnel à la superficie de son pays d’origine -l’Albanie. Le Général de l’armée morte, qui lui valut une renommée internationale au début des années soixante-dix, reparaît aujourd’hui dans le cadre de ses Œuvres complètes. Rencontre avec un homme intègre fait d’écriture.

Ismail Kadaré vit au cœur du quartier latin, bien loin de Gjirokastër – où il naquit voici soixante-deux ans – miracle d’architecture minérale serti dans les montagnes d’Albanie du Sud, à proximité de la frontière grecque. Un singulier hasard voulut que la « Ville de pierre » -ainsi désignée dans plusieurs livres de l’auteur- enfantât un autre célèbre rejeton du Pays des Aigles : Enver Hodja, tyran de sinistrissime mémoire. Il serait ainsi possible de résumer un demi-siècle d’histoire de l’Albanie en s’attachant aux seuls destins de ces deux hommes nés à quelques mètres de distance. L’un s’efforça de séparer son pays du reste du monde par la plus effroyable et la plus extravagante dictature que connût jamais le Vieux Continent, l’autre n’eut de cesse de ramener ses compatriotes au bercail de la maison commune européenne. Pour donner une idée de l’épouvante qui sévit en Albanie de 1945 à 1991, mieux vaut renvoyer à trois documents précisément préfacés ou présentés par Ismail Kadaré. Tout d’abord l’admirable Commerce des jours de Maks Velo (Eds Lampsaque, 1997), rare témoignage sur le goulag albanais par celui qui fut condamné à huit années de camp pour « cubisme » architectural et, plus baroque encore, pour « son allure triste dans les cafés », ce qui, d’après ses juges, attestait indubitablement de son manque d’enthousiasme envers le régime communiste. Puis L’Automne de la peur (Fayard, 1993) de Bashkim Shehu, relation presque irréelle d’une tragédie shakespearienne survenue en plein XXe siècle : l’assassinat le 17 décembre 1981 du Premier ministre en exercice et successeur désigné d’Enver Hodja, Mehmet Shehu, prélude à l’extermination de la famille de ce dernier puis à une purge au plan national : « Durant l’hiver de 1981-1982 régna une atmosphère de terreur inimaginable. Ce qui se produisait sans la vie libre n’était pas moins affreux que ce qui se passait dans les geôles de la police. Des centaines de gens furent arrêtés, tandis que des milliers attendaient leur tour ; beaucoup se donnèrent la mort, perdirent la raison ou furent, psychiquement, irrémédiablement atteints. » Enfin, le film de Robert Qaszezi et Mesut Tufan (produit par ARTE en 1997), L’Albanie d’Enver Hodja où figure entre autres une scène d’anthologie : le dernier conseil des ministres présidé en 1984 par le vieux despote -déjà à demi-aveugle et aux trois-quarts sénile- où celui-ci se croit revenu quelques décennies plus tôt et demande en conséquence des comptes aux présents pour l’année 1948, sans qu’aucun d’entre eux -pourtant tous hauts dignitaires du Parti- n’ose le contredire.
L’œuvre d’Ismail Kadaré est inséparable de cet arrière-plan apocalyptique, non seulement parce que certains de ses livres se rapportent directement à l’autisme étatique qui servait de ligne de conduite au « camarade » Enver : Le Grand Hiver (1978) ou Le Concert (1989), respectivement inspirés par les ruptures avec l’Union soviétique en 1961 et la Chine en 1978, mais plus essentiellement...

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