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Dossier Ismail Kadaré
L’imagination dissidente

janvier 1999 | Le Matricule des Anges n°25 | par Eric Naulleau

Fournir l’antidote à la propagande nationaliste : c’est la mission qu’Ismail Kadaré assigne à la littérature. De Shakespeare à Marx, de l’Albanie au Kosovo, l’auteur de L’Année noire fourbit ses propres armes contre les fantasmes et les mensonges.

Difficile de dire si le grand soleil automnal accentue ou atténue l’aspect déprimant de cette section du boulevard Saint-Michel, où la frite et la fripe évincent peu à peu cafés et librairies (à la devanture des survivantes, les Prix de saison se ramassent déjà à la pelle). Près des enseignes interchangeables de la société de consommation, existe un abri où tout n’est que simplicité, calme et professionnalisme : l’appartement d’Ismail Kadaré. Le maître de maison accueille lui-même les visiteurs sur le seuil initiatique d’un espace-temps parallèle, frontière d’un pays dont la devise pourrait être certain aphorisme de Paul Gadenne : « Il serait temps que tu prennes la littérature au sérieux. » Atmosphère studieuse. La présence d’Héléna Kadaré, épouse de notre auteur et elle-même romancière (Une femme de Tirana chez Stock) ne se révèle que par quelques bruits étouffés. Rompu à l’art de l’entretien, l’homme est à la fois détendu et concentré. Dès les premiers propos échangés, un destin rectiligne s’ébauche. Ismail Kadaré ne pouvait qu’être écrivain. Borgesien en cela, il estime que son premier livre ne fut ni le premier qu’il publia, ni le premier qu’il écrivit (à l’âge de dix ans !), mais une pièce de Shakespeare qu’il entreprit de recopier intégralement, si enthousiasmé que ses lectures enfantines lui parurent bien fades en comparaison. Des mots en suspension flottent dans l’air et l’on jurerait que de l’encre coule dans les veines d’Ismail Kadaré.

Le Général de l’armée morte, le roman qui vous fit connaître notamment en France, paraît aujourd’hui dans le tomeVI de vos Œuvres complètes presque trente ans après sa première édition. Que vous inspire cet événement ?
C’est un livre qui m’a porté chance, non seulement parce qu’il m’a apporté une notoriété mondiale, mais aussi parce qu’il m’a permis de bien débuter mon parcours littéraire. Son destin -artistique aussi bien qu’extra-artistique- a été très singulier. Il est aussi exemplaire du point de la maîtrise artistique, puisque c’est un livre dont je n’ai jamais été content. Ce texte possède une grande envergure épique et je n’étais pas préparé pour écrire un tel roman à l’époque.
Vous étiez alors âgé de vingt-quatre ans.
Oui, et j’avais écrit auparavant un autre livre : La Ville sans enseignes, qui paraît également dans le sixième tome de mes Œuvres, beaucoup plus direct et représentatif de ma génération, tandis qu’un sujet aussi vaste, tragique et grotesque à la fois que celui du Général de l’armée morte est très difficile à maîtriser pour un jeune auteur. Il s’agit d’un texte dénué de tout lyrisme et de ce fait sans rapport avec la jeunesse. C’est sans doute pour cela que je n’en ai jamais été satisfait. Sa première version avait la forme d’un récit, puis j’en ai fait un roman. Lorsque celui-ci a été traduit en français, j’ai été dans l’obligation d’apprendre un peu cette langue et lorsque j’ai été en mesure de lire mon livre dans cette langue étrangère, ses...

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