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Dossier Georges Hyvernaud
Notes inédites de Georges Hyvernaud

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29

Hormis la lettre initiale, probablement rédigée en 1950, l’ensemble de ces notes n’est pas daté. Morceaux choisis.

Mon cher René - Chère Margot,

Andrée me fait lire la lettre qu’elle vient de vous écrire. Il y est dit que les « Droits de l’Homme » sont achevés, mais j’ai tout lieu de supposer qu’ils ne me rapporteront pas de sitôt des « Droits d’auteur ». Mon Scorpion d’éditeur n’a pas beaucoup de goût pour les ouvrages de ce genre, et je ne suis pas sûr qu’il me soit bien agréable d’être publié par lui -pour cent raisons. D’ailleurs ce n’est pas ce que je voulais ajouter à la lettre d’Andrée, mais seulement que l’Imperial War Museum m’a demandé un exemplaire de « La peau et les os », et que j’ai reçu en échange un prodigieux document aux armes d’Angleterre, qui commence par ces mots : I am directed by His Royal Highness the Duke of Gloucester, President of the Board of Trustees, to thank you, etc. Cette avalanche de majuscules et l’inaltérable sale odeur du papier officiel m’ont fait rougir d’orgueil…


***


Cet étonnement émerveillé que procure la vue d’un arbre, d’une vache, d’une fleur, d’une putain franchement putain… je l’éprouve devant Miller.

- C’est une brute, Miller. Et il écrit comme une brute, ce qui lui vient, comme ça lui vient. Il se rue sur son papier comme sur une fille. Son besoin d’écrire, c’est comme son besoin de baiser. Un élan organique, un rut. Voilà ce que j’appelle un écrivain. Les autres, les fonctionnaires qui administrent prudemment leur petit talent, qui font fructifier leurs valeurs de père de famille, ça les laisse béants, un gars comme Miller. Et moi, j’écarquille les yeux. Merde alors. Comme devant un arbre, ou une vache, devant tout ce qui pousse, ce qui vit, ce qui foisonne, ce qui est naïf, ce qui s’en fout ou ce qui est tout simplement. Pas ce qui fait semblant d’être. Ce qui est avec insolence, avec ingénuité, sans pudeur.

(J’aime beaucoup Miller. Pas tellement pour ce qu’il écrit… Mais pour sa façon torrentielle d’écrire. Cette peur de ne pas tout dire. Cet enfièvrement, ce pullulement, ce gonflement de sève qui éclate.)

On peut commencer par le décor.
Dans l’œuvre de Malraux tout s’ordonne par rapport à l’homme.
Le décor n’est jamais posé comme un décor de théâtre, mais surgit, et se déroule, fragmentaire, éparpillé, déchiré -jeu d’images, soumis aux intermittences de l’attention, au rythme de la marche, aux suggestions de la peur et du désir, aux éclipses…

L’affaire Dreyfus, c’est à lui, c’est lui. Comme la culture, c’est lui. Comme le christianisme, c’est lui. On n’a jamais poussé si loin le sens de l’appropriation, de l’identification, de l’absorption. Il met Péguy au centre de tout. Il impose à tout la forme de Péguy.

Voilà. Je ne me mêle pas de littérature. Je ne suis pas mêlé aux littérateurs. Je me fais d’elle probablement une trop haute idée ; et d’eux une idée trop médiocre.


***


Un rôle ? Naturellement on joue un rôle, on joue à jouer un rôle. L’important : pas le rôle -le public. Pour quel...

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