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Dossier Georges Hyvernaud
Anonyme présence

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Philippe Savary

Hyvernaud aimait passionnément le théâtre. Enseignant, il s’improvisait metteur en scène et adaptait avec ses élèves Molière, Jules Romains, Maeterlinck. Spectateur, il ne manquait jamais à Paris une pièce de Beckett dont il admirait « le thème moderne de la mutilation ». L’écrivain voyait dans cet art un outil d’une infinie ressource pour exprimer au plus vrai l’être. Il serait ainsi amusant de convier en un même lieu tous les personnages de son œuvre, tribu multiforme de la tragi-comédie humaine. Il y a les lâches, les pauvres, les bourgeois, les suiveurs, ceux qui se caressent le nombril de contentement ou ceux qui s’arrangent avec la vie comme ils peuvent. Les uns font les guignols, les autres de la figuration. Ils ont tous un point commun : leur existence tient à l’invention de son créateur rendue possible par l’inépuisable observation du réel. Le plus bel exemple est celui de Chabrelu, personnage « théâtral » de Lettre anonyme, créé de toutes pièces. C’est un homme passif. Son inconsistance le rend invisible aux autres. Il faut que le narrateur lui envoie un courrier anonyme (à propos de l’infidélité de son épouse) pour qu’enfin Chabrelu prenne conscience de sa minable condition, découvre que « la réalité devenait riche et aventureuse ». Du statut d’absent, Chabrelu devient un être pensant, en éveil.
Chez Hyvernaud, le nom est important. À travers les initiales, les pseudonymes ou les patronymes, c’est le destin social des personnages que l’écrivain représente. Les sonorités très rabelaisiennes des Bourladou, Chabrelu, Faucheret, Chouvin, Pimbard… sont explicites. Le nom habille le personnage, scelle sa place parmi le troupeau, au point que l’humanité prend souvent des allures de bestiaire : on y croise la Fouine, le Batracien, le Diplodocus… Et comme dans la vie, le hasard ou la fatalité jouent de vilains tours. Il suffit de changer une lettre. Ainsi, Lampin entrevu au début de L’Ivrogne et l’Emmerdeur, devient Flampin dans Le Wagon à vaches, soupçonné de collaborationnisme et qui finit dans un fossé la tête criblée de balles ; puis Clampin dans Lettre anonyme, pauvre bougre accusé d’attentat aux mœurs pour avoir recousu sur un banc public les boutons de son pantalon. Signe sardonique de la précarité de notre destin (et de l’interchangeabilité des êtres), ce jeu de saute-mouton se justifie également par le caractère très fragmenté de l’écriture.
Face à cette foule de personnages, il est curieux de constater que les narrateurs ne sont jamais nommés. Est-ce leur rôle de témoin, davantage qu’acteur, qui explique cette discrétion ? Le pronom je (« le plus impénétrable des masques ») est tantôt le porte-voix complice de la communauté, tantôt un énonciateur affranchi, presque nomade. Cette question de l’anonymat traverse de toute part ses ouvrages. L’expérience de la captivité (l’homme dépossédé), l’attirance à se mêler aux petites gens (privées de la parole publique) semblent déterminantes. Dans Le Wagon à vaches, on peut lire...

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