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Dossier Georges Hyvernaud
Ecrire

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Andrée Hyvernaud

Ecrire, pour des raisons diverses, il l’avait toujours fait depuis sa jeunesse. Mais au camp, en 40, ce fut indispensable : l’antidote nécessaire aux contagions multiples, à toutes les « mauvaisetés » que diffusait, sournois, inévitablement, le système dégradé de cet univers clos. « Les écrire pour ne plus les penser », et « se laver de cette sueur, de cette crasse ». Écrire donc pour survivre et sauver sa pensée.
Il m’avait dit un jour : « Pour penser, il faut que je marche. » Marcher, c’était alors « aller droit devant soi, à travers champs, à travers gens ». Là-bas : « Tourner en rond. » Mais sa pensée fidèle au rythme de ses pas, sut rester vigilante, lucide, incorrompue, et résister fort bien au lent étouffement de l’autre enfermement que créait autour d’eux, pire que les barbelés, la masse des « Gens Biens », haineux ou « désossés ». On sait ce qu’il en fit.
Et revint le bonheur de marcher dans des rues, les vieilles rues du « Onzième », d’un Paris populaire où nous nous retrouvions. Des rues hantées jadis par Rousseau et Balzac. Mais ce n’était pas surtout des fantômes littéraires qu’il cherchait rue de Charonne ou du Chemin Vert. Au pied des statues, ceux qu’il regardait, c’était « ceux d’en bas », les hommes et les femmes, toutes ces petites gens, passants anonymes, écoutant leurs propos pour les noter ensuite sur ces feuilles volantes qui dénonçaient aussi ce « monde du spectacle » où nous vivions déjà… Lettre anonyme, restée enfouie dans ses tiroirs.
Il n’était pas resté indifférent, certes, à l’incompréhension voire au refus de ses ouvrages par le public de l’après-guerre, qui cherchait avant tout l’illusion de la gloire -à part quelques grands noms qui d’emblée le saluèrent. Sans jamais pour autant sombrer dans le désespoir où certains critiques, plus tard, parfois l’imaginèrent. Car il devait aussi transmettre ses valeurs ailleurs et autrement, à toute cette jeunesse à laquelle il croyait : les jeunes futurs maîtres auxquels il enseignait. Et pas seulement livresque, cette culture, mais vivante, musicale, artistique, actuelle. Comme son écriture.
Il semble qu’à sa voix, un nouveau jeune public soit désormais sensible. Bonheur pour ceux qui l’ont toujours aimé. Mais mêlé de tristesse aussi à la pensée qu’il n’est plus parmi nous aujourd’hui pour l’apprendre, car c’eût été pour lui la plus belle récompense.

Andrée Hyvernaud

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