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Dossier Péter Esterházy
Le Danube déborde

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Eric Naulleau

Harmonia cælestis, parodique roman familial, est une odyssée bouffonne à travers les siècles et les styles.

L’histoire familiale constitue la matière première de ce livre. Pour ne point périr étouffé par la poussière échappée d’archives séculaires ou écrasé par la dégringolade d’innombrables grimoires, l’écrivain s’en remet d’emblée à des procédés déjà éprouvés. Le contraste entre les deux parties du livre (d’ailleurs chacune confiée à une traductrice différente) évoque Trois Anges me surveillent, les paragraphes numérotés ne manqueront pas de rappeler aux aficionados les quatre-vingt dix-sept fragments d’Une femme. Pour le reste, Harmonia cælestis présente les dehors d’un diptyque, dont le premier panneau consisterait en une évocation de la figure paternelle, et le second en une classique autobiographie. Mais à la manière dont vers et souris menacent les authentiques documents sur lesquels Péter Esterházy s’est appuyé pour reconstituer l’histoire de sa prestigieuse dynastie, un mal étrange ronge bientôt cette double entreprise de l’intérieur. « Mon père », expression qui ponctue le texte à la manière d’une ritournelle (tout comme « Il existe une femme » dans Une Femme), en vient très vite à désigner indifféremment, outre le géniteur de l’écrivain, quantité de personnes des plus diverses, tandis que le livre des riches heures du clan Esterházy se transforme en une odyssée bouffonne à travers les siècles.
La rencontre entre les parents de l’auteur, pour s’en tenir à ce point précis, fait ainsi l’objet de plusieurs versions fort contradictoires d’un fragment à l’autre. Le no93 établit (très provisoirement) les faits suivants : « À Ozd, une pompiste âgée de cinquante-six ans, travaillant à la station service MOL, située rue Köalja, a fait fuir ses agresseurs, deux mon père cagoulés qui, tard dans la soirée de mardi, ont braqué sur elle un revolver en exigeant la recette. La courageuse pompiste a hurlé au secours -hé-hé !-, sur quoi les deux mon père ont pris la tangente, ou bien le large, si vous préférez. C’est ainsi que ma mère fit la connaissance de mon père, qui plus tard ne se souvenait plus de rien, ne voulait pas se souvenir, pas même du prix de l’essence sans plomb (95). » À comparer utilement, surtout pour les amateurs du Jeu des sept erreurs, au no169 : « À la question réputée futile quelle est ton héroïne de roman préférée, mon père écrivit sans aucune hésitation le nom de ma mère, mais le jury, la rédaction, la vie littéraire, la bourgeoisie arriviste, le comité central du Parti, le chapitre d’Eger, la cour de Vienne ainsi que ma mère considérèrent la réponse irrecevable. C’est ainsi qu’ils firent connaissance, par écrit. » Déluge d’invraisemblances, carambolage d’anachronismes, le tout assaisonné d’anecdotes véritables et de documents du même métal reproduits in extenso, tel cet interminable inventaire en hongrois médiéval des biens familiaux -lors des soirées de présentation du livre, Péter Esterházy demande ordinairement à quelques spectateurs de donner un chiffre au hasard puis entreprend de lire le fragment correspondant. Si...

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