La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie L’énergie Giorno

juillet 2003 | Le Matricule des Anges n°45 | par Pierre Hild

Il faut brûler pour brûler

Né en 1935, John Giorno poursuit ses expérimentations poétiques depuis les années soixante : poésie écrite, performances, poésie téléphonée, poem prints qu’exposa le Cipm à Marseille, ont développé un univers de la parole si singulier que l’édition classique a longtemps mésestimé le travail de ce grand poète américain. Les éditions Bourgois publièrent Suicide Sutra en 1980 -aujourd’hui épuisé. Derrière la salle de bains imprima récemment trois plaquettes magnifiques -dont Manger le ciel. Il faut brûler pour briller, écrit entre 1973 et 1994, vient donc combler un manque.
Écrits pour être lus à voix haute, utilisant un lexique simple qui les rapproche du langage parlé ou de pensées intérieures obsessionnelles, ces poèmes prennent souvent la forme de litanies ou la répétition vient ouvrir des failles vertigineuses. Giorno découpe, assemble, répète des séquences qui mêlent quotidien sordide et pensées spirituelles, étroitesse d’un ici, recherche d’une autre voie. « Je préfère/ errer tout seul/dans le bardo/ la chaleur du sexe/ être concentré/ gras de bacon/ et sang,/ et peu importe/ si tu aimes/ être là/ ou si c’est/ bon pour toi,/ tu dois/ rester là/ tu dois rester/ là/ tu dois rester là/ tu dois rester là/ tu dois rester là. »
Alternant poèmes et chroniques où l’on voit défiler Warhol, Mapplethorpe ou Keith Haring, cet ensemble, s’il se lit tel quel, donne une idée, aussi, de la puissance de représentation du poète que rappelle son préfacier William S. Burroughs. « Il se démène, sue, crie et gémit, et l’on oublie que l’on est en train de regarder un homme, pour se perdre dans le flux de paroles de l’inconscient ». John Giorno y fait écho dans l’épilogue ainsi : « Sueur et poésie. C’est la chaleur de ces centres, combinée au contenu de sagesse des mots, qui confère au poème sa puissance ». Le poème comme une brûlure, une thermodynamique, qui redonne à la vie un rayonnement perdu.

Il faut brÛler pour briller
John Giorno
Traduit de l’anglais par Julie Dubois
et Jean-René Etienne
Al Dante/Léo Scheer
192 pages,17

L’énergie Giorno Par Pierre Hild
Le Matricule des Anges n°45 , juillet 2003.
LMDA papier n°45
6.50 €
LMDA PDF n°45
4.00 €