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Dossier La poésie contemporaine
Les corps conducteurs

mars 2004 | Le Matricule des Anges n°51 | par Emmanuel Laugier

Quelle place le corps occupe-t-il dans la poésie française ? De sa gravité au théâtre de la chair en passant par sa légèreté anti-physique, il est toujours question de dessiner le corps exact de sa langue.

Un a priori persiste lorsque l’on parle de la présence du corps dans l’écriture contemporaine, dans la poésie particulièrement. Il n’y serait question que d’un vaste et pathétique théâtre de la chair exposée, par où toute une fascination fétichiste, toute une jouissance morbide passeraient leur temps à s’extasier d’une formidable vérité de l’être. Parions que le problème du corps, de sa présence dans l’écriture, est plus complexe que celui du théâtre qu’on veut bien lui ménager. Il semble qu’il y fût toujours plus question d’un rapport à l’extériorité, dans le sens où Ponge parlait du lien, quasi électrique, sous tension, entre un parti pris des choses et celui d’une rage de l’expression.
Partant, il faudrait alors immédiatement parler de ce rapport au pluriel, puisque les corps qu’il fait surgir, sont déjà au nombre des expériences que traverse la poésie. On ne pourra pas parler de la même façon du corps scopique que Michaux déplie (sous mescaline) comme un biologiste dans Misérable miracle et de celui que, trente ans plus tard, Dominique Fourcade tend et file dans une phrase au bouger rythmique coltranien. Si d’autres encore en font un théâtre presque abstrait (Anne-Marie Albiach), dans tous les cas, la poésie fait du corps une sorte de soulèvement dans ses mots. Elle respecte, en bonne physicienne, leur ordre mouvant, leur contingence, leur mélange, leur disparition. Et cela jusqu’à ce que les corps répondent de corps politique(s) comme ajustement d’un « travail de pointe » (dixit René Char), ainsi de la répercussion de la Shoah, de la guerre d’Algérie pour une génération, ou des massacres croates dans Le Retour passeur de Jean Daive. À chaque fois les livres inventent leur langue de leur confrontation à un dehors irréductible, dont les événements ne demandent rien. Ils ne demandent rien sinon que l’on ait l’oreille collée à la terre pour mieux les entendre. Lorsque Michel Foucault parlait d’un « dehors plus lointain que toute extériorité », il entendait ainsi une façon de se placer face à tous les corps, de les écouter, là, au milieu d’un presque rien, dans l’entre-deux des pressions extérieures, des forces, et de les écrire distinctement pour les excrire, les renvoyer et les ouvrir au dehors.
Entre soi et l’espace
André du Bouchet fut, après Reverdy, l’un des poètes qui interrogea avec le plus d’acuité les liens entre corps et dehors, notamment dans ses carnets. Quel que soit l’endroit où l’on se trouve, il est question de l’écart ouvert entre soi et, par exemple, une montagne qui bascule à l’horizon : « … je vois, à la place du corps, la route plate/// près de moi/ et je ne peux m’en approcher » (Carnet, Fata Morgana, 1994) ; d’un « dehors fait de toutes les ruptures ». Ailleurs il rêve aussi dans le sommeil de murs d’air blancs. Le corps flotte alors. C’est un autre corps traversé.
Jacques Dupin, lui, proche ami de du Bouchet, envenime ce rêve flottant de corps transparent ; le convulse, le taille, l’enroule,...

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