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Dossier Lídia Jorge
Des jardins suspendus

avril 2004 | Le Matricule des Anges n°52 | par Dominique Aussenac

L’œuvre humaniste de la Portugaise Lídia Jorge dépeint des héroïnes confrontées aux bouleversements du monde et s’inscrit dans le combat millénaire contre le Mal. On y rencontre l’invisible, l’indicible et souvent soi-même. De livre en livre se déploie une somptueuse fresque baroque et lyrique.

Dans le ciel de Lisbonne, en ce dernier samedi d’hiver, aucune âme ne vole, aucun ange non plus. Au sol défilent des paysages scarifiés, la terre écorchée en maints endroits, excavations, carrières en terrasses, chantiers, ossatures métalliques et le Tage, puis l’Océan pour amplifier la profondeur de champ vers de lointains rivages, des Florides à jamais domptées, des au-delà héroïques et funestes comme ont pu l’être jadis ceux du Portugal. Cette topographie d’un monde bouleversé pourrait être lue comme les traces, les allers-retours dans le temps, les confrontations entre individu et groupe, groupe et Histoire qui constellent les Cartes du Tendre que dresse Lidia Jorge dans ses romans. Cartes du Tendre, dans lesquelles évolue d’une manière sinueuse ou labyrinthique, le héros, plus souvent l’héroïne, victime d’une perte de sens, d’identité et qui l’amènera vers la rédemption, la vraie vie, l’harmonie retrouvée. Cartes du Tendre, radiographie des sentiments, des douleurs et des joies que la narratrice du Jardin sans limites, inscrivait sur les murs de sa chambre, pour analyser la force de vie, de désespérance, des jeunes pensionnaires qui l’entouraient.
Lisbonne élève en son centre des immeubles colossaux, hyper modernes que jouxtent des constructions, passablement délabrées, passé et présent semblent adopter le même style manuélin aux arrondis sophistiqués, aux corniches découpées, aux façades en trompe-l’œil.
Lídia Jorge habite à un quart d’heure de l’aéroport, avenida dos Estados Unidos de America, (forcément un clin d’œil du destin pour quelqu’un qui condamne l’américanisation), une de ces avenues sans fin qui quadrillent la ville, bruyante de klaxons et sirènes. Une enfilade de béton, verre et acier, posée là, il y a une cinquantaine d’années, sans charme. La cage d’escalier prend des allures de tunnel. L’ascenseur à l’antique et fragile grille de protection, brinquebale et génère une anxiété toute hitchcockienne. Lídia Jorge apparaît sur le pas de la porte, châle or et noir sur chemisier immaculé, baboutchka lusitanienne aux gestes enveloppés, à la voix douce, au regard vif. Une légère odeur d’encens flotte dans le petit appartement douillet, franchement accueillant, orné de tableaux, de statuettes longilignes. La bibliothèque « des livres dorés » (mot de ses enfants) abrite deux ou trois encyclopédies, des livres anciens, une collection de classiques de Dante à Byron en passant par Lope de Vega, Boccace ou Cervantès, des ouvrages sur le Portugal, des livres d’art, de cinéma, les œuvres complètes de Llorca, de Borges, un recueil de poèmes de Camoes. Finalement peu de romans pour cette lectrice « sauvage, naïve et complète », peut-être sont-ils entreposés dans la maison familiale de l’Algarve, lieu de ressources et d’écriture.
Assise sur un canapé blanc, derrière une table basse sur laquelle deux compotiers présentent des grenades desséchées, couleur cire, Lídia Jorge parle un français presque sans accent. Sa pensée...

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